Présentation / Casimir Bationo, CasziB / PEINDRE, ET LIBRE DE LE PENSER

On pourrait poser cette question, et les peintres sont nombreux qui se penchent dessus. Où commence la toile ? Est-elle toute entière dans le cadre qu’on lui impose ? Est-ce qu’elle a une fin et un début ? Dans le temps comme dans l’espace? Casimir Bationo commence à s’interroger là-dessus il y a une vingtaine d’années. C’est une vraie question parce que la peinture, d’une certaine façon, arrête les choses. Elle leur assigne une place. Et Casimir Bationo pense d’abord à ce qui est le mouvement, la métamorphose, le déplacement de la lumière par exemple et des hommes qui sont dans cette lumière. Sa formation première dans le cinéma d’animation n’y est sans doute pas étrangère. Nous restons ces petits personnages animés.

Quelle est la place de l’humain dans la toile ? C’est-à-dire comment cet homme, cette femme, se trouvent-ils dans une société, dans une histoire et un présent?


Quand il revient à ce début des années 2000, le peintre mentionne aussi sa formation classique et l’étude des « corps vivants ». Le mot « vivant » a beaucoup d’importance. Il pose à nouveau l’individu dans le déplacement, dans la vie. Et c’est justement la question qui intéresse le peintre. « Je me suis interrogé sur ça. Quelle est la place de l’humain dans la toile ? C’est-à-dire comment cet homme, cette femme, se trouvent-ils dans une société, dans une histoire et un présent? Et de quelle liberté, disposent-ils ? » Nous venons tous de reliefs et de fleuves différents. Nous arrivons parfois sur des ailleurs, nous parlons des langues distinctes. Comment nous entendre dans ce périmètre de la vie et de la toile-espace?


Peindre à ses yeux, c’était donc comprendre quel est le cadre et quels sont nos déplacements au dedans de ce cadre et au-dehors. « La toile est à la fois une représentation de la société, mais aussi le terrain du possible. » L’acte de peindre devient de la même nature que celle de vivre. Il ne s’enferme pas dans un protocole de gestes arrêtés. « Je laisse la spontanéité déterminer l’importance de mon sujet. Au départ, ce sont peut-être des couleurs, des masses, dans un mouvement. Et puis le sujet sort de cette masse. »

Paradoxalement, jamais sa peinture n’a joui de plus de clarté.


La liberté. Il sera toujours question de ça. Dans une récente série qui s’appelle « Rite de Passage », exposée à Meknès (Maroc), CasziB pose dans la lumière différents sujets liés au temps présent. La situation actuelle peut inspirer pas mal de pessimisme. Paradoxalement, jamais sa peinture n’a joui de plus de clarté. « Je pense que nous en avons besoin, de cette couleur. Ensuite, je dégage plus d’espace, pour mettre mieux en évidence doute la figure principale, mais aussi éviter la contrainte. »

Et c’est encore cette notion d’espace libre qui revient. Les dimensions de la toile n’ont aucune importance. L’air circule et la lumière passe entre les êtres, nourricière et explicative. « En ce moment de ma peinture, je suis bien, sans contrainte. Certaines choses évoluent, comme l’option de choisir des couleurs dominantes, et d’aller peut-être vers le monochrome. Mais ça se fait dans le geste, librement. J’avais besoin de ça. » Le cadre s’ouvre. Il n’y a aucune barrière qui empêche, aucun mur.


Roger Calmé (ZO mag’)
Photos Casimir Bationo
En collaboration France avec la galerie Kiunga
Email: galeriekiunga@gmail.com
Tél.: +33 662 90 79 71
https://www.facebook.com/GalerieKiunga


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