Céramique / Bizen-Yaki / MELANGES DES TERRES (1)

Une histoire de terre, de proximité organique, qui ignore la distance et vient dans l’essentiel. Après tout, les kilomètres mis à part, la proximité est bien plus grande qu’on l’imagine. En installant un four traditionnel japonais dans le village de Sè (sud-ouest du Bénin), King Houndekpinkou conclue l’une des deux étapes de ce rapprochement, à la fois spirituel et physique.

L’aventure a commencé en 2013, avec la découverte de cet artisanat nourri de croyances animistes, le Bizen-Yaki, tel que les potiers le conduisent depuis près de mille ans. En 2016, la réflexion a fait son chemin. Le céramiste projette un mois dans son village et débute alors une production de 12 pots. Il l’écrit dans son carnet, son intention est de poursuivre ensuite le travail à 13 000 km de là. « Mon idée est de faire subir à l’un des pots une nouvelle cuisson dans un four à bois japonais de type anagama. (…) Pour approfondir cette démarche de création métissée, j’ai également récupéré de l’argile au village de Sè que j’ai mélangé à 50/50 avec l’argile locale de Bizen. Cette argile hybride a permis la création d’une pièce symbolique en mémoire de cette aventure, qui a également été cuite (…) en juillet dernier. »

Sous sa forme actuelle, la technique de Bizen-Yaki remonte au 12ème siècle (époque Kamakura). Sa matière première provient toujours des rizières et collines de la préfecture de Yokoyama. La cuisson s’effectue dans les fours traditionnels (anagama et nobori-gama). On utilise le bois de pin, qui permet d’atteindre de hautes températures (950°). Aucune décoration n’intervient (émaillage ou peinture). Seule, la flamme donne son identité à chaque pièce qui demeure unique. Le Bizen-Yaki trouve tout son rayonnement à la fin du 16ème siècle avec la cérémonie du thé (chanoyu). Il est aujourd’hui considéré comme patrimoine national.

En 2017, King Houndekpinkou présentait à l’AKKA de Paris sa propre production. Le projet (BB Project), construit entre le village de Sè et les potiers du groupe « Keramos », entendait établir des passerelles d’échanges durables. Le four raku, tel qu’il a été construit, il y a quatre ans, constitue désormais l’une des piles de ce pont. Mme Adanglo, responsable de la poterie locale, le considère comme un élément important du paysage.

Roger Calmé (ABA mag’)
Photos : DR
King Houndekpinkou est exposé par la galerie Vallois.


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