Nigeria / Peinture / Orioye Bukola Samuel / LES RESULTATS DE L’ANALYSE

Bien sûr, la chimie n’a rien à voir avec le sujet qui suit. La chimie est tout juste une science exacte qui travaille avec l’expérimentation. Cela dit, la biologie aussi, et les mathématiques, sans oublier l’amour, qui est une science humaine, inexacte, portée sur le possible et l’impossible. Pourquoi donc cette introduction, qui a pris trois lignes et nous fait perdre notre temps ? Il y a quelques années de ça, Samuel Orioye Bukola a entrepris des études de chimie. A dire la vérité, il aurait bien aimé faire peinture mais c’était plutôt mal vu dans son entourage. Histoire de croyances et de figuration diabolique. Donc, il fait « chimie » et quatre ans plus tard, il plaque tout et il s’installe devant la toile.

La toile est révélatrice, comme un miroir tordu, comme une engueulade, comme une nuit d’amour. C’est d’abord un laboratoire de vie !

La toile est un lieu d’expérimentation assez formidable. On y confirme beaucoup de choses. Son envie de vivre (ou de mourir), sa préférence pour le rouge (ou le jaune), son soutien aux idées progressistes ou son rejet de la société consumériste. La toile est révélatrice, comme un miroir tordu, comme une engueulade, comme une nuit d’amour. C’est d’abord un laboratoire de vie !

« Il faut s’efforcer de survivre. Pour ça, nous devons prendre le temps de respirer. Le suicide n’est pas une option lorsque les choses deviennent difficiles. » Orioye Bukola Samuel

Il est très difficile de trouver des éléments sur l’existence de Samuel Orioye Bukola. Tout juste quelques rares tableaux. Les derniers en date sont les plus singuliers. Ils montrent des situations symboliques qui prennent des allures d’allégorie. Par exemple, Samuel figure ces deux femmes qui tournent le dos à celui qui les regarde. Deux vestales pudiques qui ont pour tête un œil unique et un doigt. Le doigt est majeur, dressé, et il vous dit bien ce qu’il pense. Un peu plus loin, deux femmes sont assises à une table devant des piments (rouges), des bananes (jaunes) et un « truc » (?). L’une d’entre elles boit un café. Le tableau s’appelle « Tumeur ». On suppose qu’elles viennent d’apprendre une sale nouvelle.

La peinture d’Orioye Bukola est ainsi faite, dans l’expérimentation du possible et les aléas de la vie. L’interprétation participe à cette synergie, le trouble aussi, la curiosité et l’échec. Dans une très rare citation, le peintre envisage ce que l’existence peut nous réserver et notre capacité d’y répondre. « Il faut s’efforcer de survivre. Pour ça, nous devons prendre le temps de respirer. Le suicide n’est pas une option lorsque les choses deviennent difficiles. » On refait donc une tasse de café, on s’assoit. C’est le matin, à Lagos ou à Manille, il fait un peu chaud… et c’est très bien ainsi. « Un nouveau soleil réchauffera votre visage et les bons moments sont proches, » conclut-il. C’est en somme la leçon que le laboratoire, la toile et la chimie humaine lui inspirent. L’expérience le confirme.  

RC (ZO mag’)
Photos : Orioye Bukola
Contact : Orioye Bukola – Orbe Art (orbartbeyond.com)

Repères :
Samuel Orioye Bukola est né à Osogbo (Etat d’Osun) .
Il a suivi des études de chimie à l’Université d’Ilorin (2011 à 2015).
Dirige Orb Art Gallery, depuis juin 2020.

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