Bénin / Sculpture / Charly d’Almeida / IL FAUT RETENIR CET INSTANT

Après tout, ce n’est qu’un tas de ferraille. Et l’enfant qui l’observe, pourrait passer à côté sans le remarquer. Ce n’est pas le cas. Peut-être à cause de la couleur du métal, et aussi des matériaux multiples, des « pédales de vélo, les dents usées d’un moulin à maïs et d’autres objets du quotidien », écrit dans une lettre Charly d’Almeido. L’accumulation nourrit toujours l’imagination.

« Le rapport à la matière, au temps sur la matière, et aux formes que la matière boulonne en moi. » Charly d’Almeida

Cet enfant, c’est lui à 12 ans. Il est en vacances chez sa grand-mère, à Abomey (capitale royale et mémorielle). Et il interroge alors son oncle sur cette présence métallique qui lui semble mystérieuse. « Mon oncle m’a alors expliqué que ces tas de ferrailles représentaient Ogou, dieu des forgerons et du feu. Ce dieu se retrouvait généralement à l’entrée des maisons, derrière les portails, et devait protéger les travailleurs du fer de tout accident dans leur métier,  » explique Charly qui était très étonné aussi par l’aspect que revêt la matière. L’oxydation le fascine, la couleur que l’huile confère à cette masse, et par conséquent les visages multiples que le dieu Ogou peut revêtir.

Depuis 1988, le sculpteur se penche en permanence sur cet amas métallique. « Le rapport à la matière, au temps sur la matière, et aux formes que la matière boulonne en moi. », explique-t-il en raccourci. Son dernier travail, débuté il y a un an, explore toujours ces traces, comme dans un livre l’écriture qui résiste aux passages du vent, de l’eau, de la flamme. Et dans cet ouvrage, la persistance de l’Homme, lui aussi amas de fer et de terre, amoncellement évocateur.

La persistance de l’Homme, lui aussi amas de fer et de terre, amoncellement évocateur.

En décembre, Charly d’Almeida doit exposer cette série qui s’appelle « Survivances ». À l’entrée, des totems métalliques veillent. Ils protègent le sculpteur et celui qui est son ami des violentes intrusions de l’indifférence, de l’effacement, de l’oubli. Ces pièces verticales sont des « Stèles Mémorielles ». À l’image de ces grands capteurs d’énergie, pointés vers un ciel ou un temps, ou une volonté qui se prolonge. L’éternité est au bout, comme la pointe aiguë d’un crayon qui rédige.

« Survivances », Charly gallery (Cotonou, Bénin).
https://gallerycharly.com/
Contact: +229 697 79 191 contact@gallerycharly.com

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RC (ZO mag’)
Photos: Charly d’Almeida et , S. Adjaï

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