Photographie et numérique
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Afrique du sud / Photographie / Phumzile Khanyile PAS SI FLOUE QUE CA

Les occasions de voir le travail de Phumzile Khanyile sont assez rares en Europe. Au travers de la galerie Afronova (Johannesburg), la photographe sud-africaine nous envoie néanmoins assez régulièrement des messages. Ce fut le cas de l’expo Magnin-A (2018) ou de 1-54 Londres la même année, où elle accrochait ses (auto) portraits flous, acides et déjantés. Dans ce journal (très) intime, elle pose quelques questions récurrentes sur la place qu’elle souhaite tenir, les choix qu’elle veut opérer, la liberté qui désormais sera la sienne. La sexualité y tient une place importante, non par la provocation qu’elle induit, mais la capacité d’affirmation et d’autonomie. Sexuellement libre et libre de dire de quoi et de qui cette étreinte se nourrit!

Sexuellement libre et libre de dire de quoi et de qui cette étreinte se nourrit!

Ceci dit, l’aspect plastique du travail demeure tout aussi déroutant que le concept parcouru par la (jeune) photographe (née en 1991 à Soweto). Les critiques ont tous souligné le rendu flou de sa mise au point et l’utilisation d’une mousseline devant l’objectif de l’appareil. Cette absence de netteté entre en opposition avec la dureté des ombres et un tirage singulier. Les couleurs semblent sorties d’une pellicule exposée à la chaleur. Dommages collatéraux et sensation de « crash » répété.

Cette fois, le travail sera présenté aux rencontres d’Arles, cet été à partir de la mi-juillet. Ce qui nous redonne l’occasion d’évoquer le parcours de l’artiste, pour laquelle aucune démarcation ne sépare l’enregistrement de l’image et le sujet photographié. Entre soi-même et le restant du monde. Entre l’image et le doigt sur l’obturateur. Histoire de vases communicants?

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RC (ZO mag’)
Copyright Phumzile Khanyile, Courtesy AFRONOVA GALLERY.
https://www.afronova.com/artists/phumzilekhanyile/

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