Afrique du sud / Peintures / Benine du Toit / LES INSTANTS DU CHAOS

Répression ordinaire. Sociétés blanches ou noires, mêmes charges policières, même usage des lacrymos, des bâtons, des lances à eau et des balles réelles. Et oui , rien n’est factice. Et les tableaux de Benine du Toit non plus. La peintre sud-africaine a grandi sous l’Apartheid. Depuis ses débuts en 2012, après des études d’art aux pays-Bas, elle choisit d’explorer ces images de la violence sous le régime de Pretoria. Ses cadrages sont de la plus extrême précision. Au sein même de la cohue, dans la fuite, dans la peur, des corps renversés, piétinés. Une vision au ras de la réalité, à même le sol.

« Les différences sociales, politiques, culturelles et ethniques continuent de provoquer de fortes tensions et une polarisation. Chacun vit dans sa propre réalité et dans la peur de l’autre » Benine du Toit

Même usage des lacrymos, des bâtons, des lances à eau et des balles réelles.

« J’ai fait partie de cette jeune génération confrontée à la réalité de la répression, explique-t-elle. Les mémoires n’ont rien oublié. Les différences sociales, politiques, culturelles et ethniques continuent de provoquer de fortes tensions et une polarisation. Chacun vit dans sa propre réalité et dans la peur de l’autre, poursuit-elle. Et c’est le fondement de cette violence qu’elle montre au travers de photos d’archives policières et de médias. Le travail de la plasticienne commence alors. Benine du Toit a choisi d’associer le charbon de bois et la peinture. « Le charbon apporte une rugosité et une expressivité imprévisible, explique-t-elle. L’angle de vision accentue encore le sentiment oppression. La foule se referme sur le corps et sur le regard. Aucune autre perspective que ces pieds, ces jambes, cette pression qui vous écrase.

La foule se referme sur le corps et sur le regard.

La galerie Sanaa présente ici cinq toiles, inspirées de ces manifestations. Toutes font partie de la série « Land of Planty ». Dans cette même série, le Palais royal d’Amsterdam a distingué deux œuvres « Scrum » et «  Muddled », en 2020. L’exploration de l’Apartheid ouvre des abîmes nécessaires. Au fond, sont également posés les miroirs de l’actuelle société.

Roger Calmé (ZO mag’)
Benine du Toit est l’une des artistes de l’exposition collective  « A sens of belonging » jusqu’au 9 février.
Photos : ©B. Du Toit et galerie Sanaa (avec nos remerciements)
http://www.galeriesanaa.nl/tentoonstellingen.php


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