Bob-Nosa Uwagboe / Regardons autour de nous

Dans ce monde libre, qui bénéficie de la technologie et de la consommation discount, les questions ne manquent pas. Bob-Nosa Uwagboe est peintre et certaines choses l’empêchent franchement de faire de la trottinette en toute innocence. Ça ne tourne pas vraiment rond, ne cesse-t-il de répéter dans ses acryliques, pétantes de couleurs et de rictus.

Une peinture comme on en imagine aux portes de l’enfer, quand celui-ci ressemble à une grande surface ou à un meeting du Parti unique. Bienvenue dans ce monde parfait, crache un haut parleur, accroché dans les branchages de la toile. Dénonciation ? Bien sûr. « Avec cohérence, j’essaie de créer de la place pour les changements, ainsi que de les appliquer. Tant que nous vivons dans un pays corrompu, nous ne pouvons pas seulement imposer au gouvernement de tout changer en un clin d’œil. Le changement doit commencer individuellement.La majorité de mon travail vise des erreurs sociopolitiques », explique-t-il dans ses interviews. Et le message est loin de concerner le seul Nigeria. L’Afrique souffre de ce mal, le monde entier subit le virus.

«  Je l’aime parce qu’il est réel. (…) Je l’aime parce qu’il est convaincu qu’avec l’art, nous pouvons changer quelque chose dans notre monde.« 
Sorella Acosta (Out of Africa)

Lors de sa dernière exposition consacré à l’artiste, Sorella Acosta, directrice d’Out of Africa (Barcelone), qualifiait ainsi le travail. «J’aime son pouvoir. Je l’aime parce qu’il est réel. (…) Je l’aime parce qu’il est convaincu qu’avec l’art, nous pouvons changer quelque chose dans notre monde. Nosa veut aider les gens dans la rue. Il est contre la violence. Il veut que nous aidions les gens qui ont des problèmes, ceux qui sont dans les hôpitaux, et c’est très important parce qu’il a une vision. »

Il faut regarder ces toiles. Parce qu’elle parlent de choses concrètes. L’argent, le pouvoir abusif, l’extrême violence, la cupidité, l’utilisation des enfants… On peut le peindre de beaucoup de façons. Nosa a choisi cette manière. Et il a bien raison. Sous les belles couleurs, ce sont des cadavres qui rient. Faisons attention.

RC (ZO Mag’)
Photos DR

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