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Tunisie / Sculpture / Mourad Zaraï / DES BOUTS DE FICELLES PENDAIENT DE L’ARBRE

La terre est blanche, Et la lumière l’est aussi. Elles sont dans une rencontre l’une de l’autre. Une extrémité de…

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Côte d’Ivoire / Sculpture / Mamadou Ballo / C’EST AU COMMENCEMENT DE LA DANSE

Aucune machine n’est plus efficace que la fête. Elle rassemble, elle met en mouvement et en lumière, elle peut aller…

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Kenya / Lieu d’expérimentation / Syowia Kyambi / VERBES IRREGULIERS ET CONJUGAISONS PLURIELLES

Très rares sont les projets qui mettent le groupe comme accélérateur de particules créatives. L’artiste ne s’acclimate pas aisément à…

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Edito 2 / LES FLEURS SONT PERISSABLES…

C’est comme une bouffée d’oxygène de lire une interview de Kapwani Kiwanga. Vous ne connaissez pas cette dame? Certes, elle est anglophone et notre sphère répugne souvent à la langue étrangère. Nous vivons dans une finitude de l’expression, comme dans une finitude de la forme. Les choses semblent arrêtées. Donc on ignore généralement qui est Kapwani Kiwanga. Disons simplement qu’elle est anthropologue à la base et plasticienne par la suite. Il y a deux ans, elle a obtenu le prix Marcel Duchamp pour son projet « Flowers for Africa ». 

A la fin, on les balance dans une benne, derrière le bâtiment.

Il s’agit de simples fleurs coupées, comme celles que l’on pose aux tribunes officielles des rencontres internationales. Le G 8, un jury de patinage artistique, les rencontres entre les Présidents fondateurs. Des fleurs coupées qui fanent au fil des jours, et nous posent la question de la temporalité. A la fin, on les balance dans une benne, derrière le bâtiment.

« Flowers of Africa » pourrait donc être, de la même manière, une réflexion sur l’impossible pérennité d’une oeuvre. La finitude de l’expression, la répétition du même geste, et ce dessèchement progressif qui s’en suit. Tenez, à l’image de ces peintures qui se répètent au fil d’une carrière, du même combat de boxe, de la même fête dans un jardin nocturne, des mêmes portraits familiaux… Garder une identique émotion, et bien sûr d’en faire le commerce.

Et là, on en revient à cette artiste de quarante ans, qui expose à Beaubourg, qui dit que c’est agréable, et qui parle du refus de l’oeuvre fixe. Fixe ? Arrêtée, qui prononce les mêmes mots, qui peint l’intangible vérité, comme le sont les médaillés olympiques, les présidents fondateurs, les galeries de renom, l’invariable lumière qui brille sur le marché. Mme Kipwani Kiwanga dit:

« L’idée était d’éviter de faire une déclaration permanente ou une sculpture comme une sorte de monument à un moment passé comme si on essayait de s’y accrocher. Il s’agissait plutôt de le reconnaître et de le laisser s’évanouir dans l’histoire – c’est là qu’est née l’idée des fleurs coupées. »

La rédaction

Programme Interdisciplinaire / Art et environnement / Goethe-Institut et Prince Claus Fund / UNE RIVIERE DANS LE SENS DE LA TERRE

On peut se contenter de regarder les bilans, et ils sont suffisamment catastrophiques. On peut aussi changer de chaînes et revenir à un programme souriant (accessible aux moins de 5 ans). La planète est dans un sale état. L’épuisement des ressources, les abus environnementaux, la violation des droits humains, soulignent une double évidence. Non seulement l’espace est dégradé, mais l’homme en pâtit, quel que soit son lieu de vie, sa culture, sa philosophie. Il y a 25 ans de ça, le Prinz Claus Fund a commencé à réfléchir sur les options que la culture pouvait offrir dans les espaces sociaux menacés. Ils peuvent être extrêmes, au plus profond d’une forêt humide ou sur le cercle arctique, ou dans la périphérie d’une mégapole. Le souci de cet organisme est de rétablir des espaces d’échange, des alternatives d’éducation, où la culture joue un rôle. La culture et l’art donc, comme vecteur d’émotion et de réflexion.

L’homme, l’espace, la conscience, le dialogue, la spiritualité, la conviction ne sont pas des mots vides de sens.

Dans ce cadre, en association avec le Goethe Institut, une plateforme a été créée, il y a trois ans, et une cinquantaine de projets ont ainsi été menés. Certaines d’entre elles ont été rassemblées sur le site « take me the river » (voir encadré). Des oeuvres de Misha Vallejo (Équateur), Diana Rico et Richard Decaillet (Colombie), Arko Datto (Inde), Mohamed Mahdy (Égypte), Gilberto Esparza (Mexique) et d’autres, permettent ici de mesurer la possibilité visibilité que la création apporte. L’homme, l’espace, la conscience, le dialogue, la spiritualité, la conviction ne sont pas des mots vides de sens. Des scientifiques s’y sont joints, des chercheurs, des architectes et urbanistes. Histoire de reconstruire de possibles utopies. Et là encore le mot revêt un sens, alternatif et profond.

Dans le cadre de ce programme, le Fund et le Goethe Institut lancent leur appel à candidatures pour la prochaine édition. Douze candidats (entre 8 et 15 ans d’expérience dans leur domaine) seront retenus et vont bénéficier d’un accompagnement très spécifique. Les mentors chargés de cet appui les aideront à envisager de façon réelle les connexions entre l’art et l’environnement. Une partie importante du travail consistera aussi à développer l’idée de collaboration, dans la réalisation même et sa présentation, donc son accessibilité au public. Enfin, un soutien financier est apporté à chaque projet. Six mille euros sont attribués pour le développement même du concept et 4000 de plus, pour d’éventuelles collaborations avec d’autres candidats. Interaction au pluriel et travail possible au-delà du projet de base.  

Date limite d’inscription, le 26 août 2021.
RC (ZO mag’)
Photos: Misha Vallejo, projet ‘Secret Sarayaku’. et Prinz Claus Fund
https://princeclausfund.awardsplatform.com/
Emmenez-moi à la rivière (takemetotheriver.net)

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« Take me to the river » (Emmène-moi à la rivière)

Depuis 2018, le Goethe-Institut et le Prince Claus Fund ont donc lancé un programme de soutien aux artistes qui travaillent sur cette intersection des domaines. Intersection, parce que rien n’est séparé. L’art ne se limite pas à une expression murale, dans le strict cadre muséal ou de la galerie. Il déborde un peu dans tous les sens, dans la ville et sur ce qui entoure la ville. Certains de ces créateurs s’intéressent justement à cette capacité émotionnelle de l’art et sa capacité à réveiller la conscience environnementale.

Fiction ou réalité et les deux en même temps: l’acceptation de détruire la Terre et ceux qui habitaient dessus.

« Take me to the river » rassemble quinze de ces projets, mis en place depuis la création du mentorat. Cette exposition multimédia, montée par Maya El Khalil, utilise des travaux vidéo, photographiques, de la radio communautaire, rapportés de différents pays, particulièrement touchés par le dérèglement climatique. L’Afrique centrale, l’Amazonie, les confins sahariens ont vu se développer quantité de réflexions pointues. L’artiste rejoint ici l’architecte, le botaniste, le chaman, et ils tissent ensemble un langage rétabli, conscient de l’autre, préoccupé par la continuité. Les réponses alternatives existent. Elles ne sont pas un rêve, mais un « art de vivre » réel.

Nigeria / Exposition / Making Faces / IL S’AGISSAIT DE FAIRE FACE

Le visage n’est pas un lieu ordinaire. Visage offert et figure fermée, en pièces détachées, d’une ligne, dans la confusion, dans la construction, la face et son envers, flou, mal éclairé, dans un bus à une heure d’affluence, au moment de dire « je t’aime ». Le visage c’est tout, et le contraire de tout. Il est un masque en lui-même et un aveu fondamental. Allez donc vous y retrouver.

De ces couches multiples, maquillages et falsification, voiles liquides, dénis à répétition, une misérable tentative de sourire. Kainebi Osahenye

Si les peintres du Continent choisissent souvent de l’occulter ou de lui faire subir d’étonnantes métamorphoses, dans ce tourment graphique, se traduit la complexité du support. Parce que le visage n’appartient pas seulement à celui qui le porte. Il est aussi un lieu d’appartenance, un espace d’histoire, de mémoire et de fiction où le collectif laisse des signes. Blonde et permanenté, militaire soviétique et guerrier Yoruba, leur visage correspond à l’emploi, au rôle imposé, à l’injustice répétée qui scarifie profondément l’expression. Et puis il y a l’intervalle…

Les six artistes invités par la Rele Gallery (Lagos), s’intéressent à cet espace du craquement, de la fissure apparue. Il n’y a pas de message unique, aucune compréhension monocorde, mais des juxtapositions, qui jouent avec le temps. La surface se fendille et apparaissent d’autres éventualités.  Nous sommes porteurs de ces possibilités: des fragments qui s’articulent ( Mobolaji Ogunrosoy), des participants lumineux et anonymes d’une pièce qui reste à écrire (Kainebi Osahenye), ou encore dans la parodie de l’importance, instantanés grotesques et attendrissants, rendus à une profonde humanité  (Soji Adesina).

Six artistes, dans cette dimension qui donne à voir l’intervalle, le gouffre et la splendeur cachée, l’envers du vrai et l’envers du masque. En somme, une perspective possible, issue de nous-mêmes et des mécaniques qui nous parcourent. 


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Making Faces, à partir du 25 juillet (date de fin non précisée), Rele Gallery.Avec Kainebi Osahenye, Alimi Adewale, Bolaji Ogunrosoye, Soji Adesina, Plantation (Ayomide Tejuoso) et Jimi Agboola.
RC (ZO mag’)
Photos by courtesy Rele Gallery et DR

Côte d’Ivoire / Jean-Laurent Koné Zié, un tableau…

Aucune illusion à se faire! Aucun bobard à raconter, non plus. De réduire à l’extrême la palette vous oblige à une totale honnêteté. Le monochrome vit ainsi dans la vérité extrême de son choix. Et c’est un peu pour les mêmes raisons que le peintre Jean-Laurent Koné Zié a débuté cette série en noir et blanc sur « Les badauds d’Abidjan ». Aucune autre couleur ne sera acceptée, que le noir et le blanc. La quête de vérité est similaire. Elle n’est pas sans rappeler le retour au dessin, ou dans un autre médium, l’usage photographique, argentique et essentiel, qui était au commencement et revient périodiquement.


« J’ai eu envie de revenir à cette chose première. Je veux dire que c’est comme le crayon qui trace un trait. Cette ligne possède une vérité infalsifiable. Je pense que nous devons revenir à ça, que c’est un besoin, de voir la toile sans illusion, sans fard. » Aucune combine ne viendra perturber la pureté des lignes et le sentiment initial. « Le noir et le blanc, c’est à la fois le commencement et ce qu’il y a à la fin, puis à nouveau la clarté, et chaque jour, dans un recommencement permanent.« 

Je pense que nous devons revenir à ça, que c’est un besoin, de voir la toile sans illusion, sans fard. » Jean-Laurent Koné Zié


Dans ce croisement des idées, les « Badauds d’Abidjan » ont été conçus. Regardez ces visages, au marché de Treichville, dans les rues bruyantes de Yopougon ou d’Adjamé, ils vous diront que… la vie est ainsi faite. Nos rêves, nos amertumes, nos besoins quotidiens, l’envie, le désir, la raison, tout ce blabla existentiel, aussi vain que la pétarade des mobylettes, toute cette mascarade est la même, qu’hier et qu’ailleurs. Le noir et blanc est une langue universelle et intemporelle. Et c’est pour cette raison que le peintre l’a choisie. Elle dit le fondement des choses, elle dit l’humanité du sujet.


Les badauds d’Abidjan, collage de tissus et acryliques sur toile, 1, 30 x 0, 90m (2021).
RC (ZO mag’)
Photo: J-L Koné Zié
Contact: https://www.facebook.com/ziejeanlaurent.kone

USA / Photographie / Ernest C. Withers

Il faut se concentrer sur les images. Parce qu’elles seules racontent l’histoire. C’est en gros la phrase que Ernest C.…

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Peinture / Canada /  Bria Fernandez, un tableau… / TU N’ETAIS QUE L’OMBRE DE TOI-MÊME !

Il faudra se contenter d’un titre. Il est mystérieux, mais il renseigne aussi de façon précise sur le sentiment de la toile. « Pourquoi les ombres tombent, mais ne nous quittent jamais? » Pourquoi, dans cette histoire, une partie obscure s’attache-t-elle aux gestes? Ils sont dans l’incapacité de s’en défaire. Un souvenir obsédant, la perte d’un être cher? un regret, une faute peut-être que l’on cherche vainement à oublier? 

Bria Fernandez a choisi d’intituler ainsi cette scène où deux femmes, d’une grande ressemblance, partagent la pièce. Leur  proximité est troublante, au point de laisser penser que l’une sort de l’autre. Dédoublement possible, permanence rétinienne ? Elles se tiennent debout, dans un silence pesant, et le décor suggère une tension similaire. Sur le guéridon, une plante se fane. Au mur, l’horloge souffre du manque d’eau. Le temps est passé par là, et le vent soufflé des grandes plaines de l’est. 

Leur  proximité est troublante, au point de laisser penser que l’une sort de l’autre. Dédoublement possible, permanence rétinienne ?

Nous n’en saurons guère plus. Bria Fernandez est jeune et elle tient un Instagram aussi mystérieux que son travail. C’est un journal qui parle de l’absence et de la lumière, de la solitude aussi à se tenir, face aux grands lacs, dans la pureté insondable des montagnes Rocheuses. Elle a fait ses études d’art à Calgary (Alberta). Elle a eu un chat qu’elle adorait. Pourquoi employer l’imparfait? Ce chat est vivant, il ne sera jamais une ombre!

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Why do shadows fall, but never leave, huile et acrylique sur toile, 1, 52 x 1, 22m (2021)
Dans le cadre de l’exposition « Mère de l’humanité », jusqu’au 31 août, galerie HOFA, Londres (GB)
RC (ZO mag’)
Photo: Dr and by courtesy HOFA Gallery.
https://thehouseoffineart.com/exhibitions/84/overview/

Caraïbes / Plasticien / Dessins / Ernest Breleur / LA PASSERELLE VA DU FLEUVE A L’ETOILE

C’est dans tellement relatif le commencement (ou la fin) d’une histoire. La finitude lui est étrangère, la sédentarité hors de…

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Ghana / peinture / Emma Prempeh / AVEC LE TEMPS, VAS…

Quelque chose a changé. Emma Prempeh ne pose plus ses tableaux à la la même place. En l’espace d’une série,…

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