Bénin / Rencontres de Bamako / Sènami Donoumassou / LE BLANC, LE NOIR ET LA LUMIERE QUE LE VENT TRANSPORTE

Entourés que nous sommes d’objets ou des souvenirs qui sont liés à ceux-ci, dans cette appartenance qui nous dit et nous dédit, l’art tient un cap, un sillage possible, une lisibilité venue du ciel. Sènami Donoumassou tient dans ce croisement temporel autant que physique un intérêt lointain. Depuis de longues années, l’image l’a fascinée, imprimée autant que télévisuelle. Puis en poussant plus loin sa curiosité, elle a découvert qu’il était ici question d’humanité. Tout simplement que nous avions ainsi dans cette forêt du possible, la possibilité d’une multitude de liens, de réminiscences et de probables connexions.

L’usage qu’elle fait aujourd’hui du photogramme n’est donc pas anodin. Au contraire de l’image produite par un appareil, par une succession de prismes, de lentilles, de rouages, Sènami Donoumassou s’en tient au plus simple. A savoir le support et la lumière. De cette façon, dès le début du 20ème siècle, des plasticiens ont prospecté. Et c’est la même quête qui embarque la photographe béninoise, dans ces confins du rêve et de l’aquatique. Ici, la feuille, le son produit par le vent, le souvenir de ce mouvement, se métamorphosent en permanence. On n’est sûr de rien, mais de ce besoin, nous ne pouvons nous passer. La certitude est une mort en mouvement, elle interrompt ce qui était avant le mot, avant le sentiment, avant que la lumière ne se pose et la vie qui vient avec.

Bamako, une fois encore, a eu cette idée pleine de sens d’inviter une artiste « aux lisières ». Ses mots ne cherchent que le mystère de l’articulation. Comment un mot (et l’image qui le produit, ou l’inverse) se prononce-t-il ? De quelle manière, le sens lui vient et le quitte ? De quel nombre se charge-t-il pour imposer une tangibilité. « Ce nouveau projet « Xógbé » est beaucoup moins centré sur l’individu et porte davantage sur la mémoire collective. Sauf qu’ici je pars du personnel pour aboutir au collectif. C’est toujours dans la thématique de mémoire, de trace, d’héritage parce que je considère la langue comme quelque chose d’à part entière dans notre culture, notre identité. »

Tout est là, dans cette substance mobile, venue de la place lointaine, assise et levée, vêtue des choses qui sont les saisons, qui sont la raison, et par lesquelles le groupe se fonde. Sènami Donoumassou vient au mystère de la façon la plus respectueuse, qui est un rayon de lune, la lumière d’un soleil, ce qui sera au moment de tout éteindre et tout rallumer. En somme, un fragment de l’éternité retrouvée.

Dessin, suie, photogramme, installation interactive. J’explore la lumière à travers plusieurs techniques. Le travail avec elle m’offre aussi la possibilité d’une exploration métaphorique de la réalité. À travers l’interactivité de mes installations, j’invite le visiteur dans mon monde en faisant de lui le révélateur de l’œuvre. Senami : artiste visuelle (senami-donoumassou.com)

Roger Calmé (ZO mag’)
Photos: Sènami Donoumassou
https://www.facebook.com/SenamiDonoumassou/

A lire: https://theartmomentum.com/senami-donoumassou-ce-qui-se-perd-lorsque-lon-quitte-loralite-pour-lecriture/

Repères
Contact : Galerie Amani, Jean Léon N’Guetta, 1 Rue du Docteur Blanchard ZONE 4C Abidjan.
Tél. portable : 07 07 01 10 50
contact@galerieamani.com

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