Georgie / Plasticien / Shalva Nikvashvili / SANS DIEU, NI CIEUX

Ca peut vous mettre mal à l’aise, en colère contre vous-même, vous donner envie de manger des choses vivantes ou bien de ressentir un amour rédempteur. Les masques de Shalva Nikvashvili fonctionnent comme des pompes à pulsion, ils sont bourrés de sentiments tellement différents qu’au final le héros ne se relève pas, absorbé par les faux semblants périphériques, qui sont en viande et tournent sur le grand manège. S’agirait de rester lucide !

Shalva Nikvashvili est né en Georgie, après l’effondrement soviétique et la montée du conservatisme ultra-orthodoxe. Il a longtemps vécu avec une muselière sur le museau. En venant en Occident, il imaginait toucher la terre de la liberté. Foutaises, dira-t-il, « je pensais que je pourrais y être libre, compris et accepté. Mais la façon dont j’ai été traité en Belgique a été absolument inhumaine. » Alors il crée de la seule façon qui lui est possible, dans cette extrême pauvreté des moyens, mais d’une profusion que les réseaux sociaux ont très vite relayée. Convaincue que les galeries sont une promesse de noyade et les musées un festin nécrophage, il expose sur Insta et le scandale n’est sans doute pas étranger à son expulsion de Belgique.  

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« Lorsque mon travail aborde la question de la sexualité et présente des organes sexuels, c’est pour aller contre la censure des réseaux sociaux – mais aussi des galeries, musées et cinémas. Tout cela est contrôlé par l’idéologie américaine. Le corps humain est organique, naturel, »explique-t-il à propos du sexe et de la même façon lorsqu’il écalire ses followers sur l’usage de la viande animale, dans une consommation frénétique qui est aussi un signe du pouvoir, de la domination, de la pensée dominante. Evidemment ce type de propos ne lui fait pas que des amis.

Au royaume du roi Léopold, il n’est pas bon de porter un masque de viande et de pierre, d’énormes nibards et des quequettes en caoutchouc (molles). Le masque n’est pas une façon de nourrir le scandale, mais de dénoncer, de libérer, de dépasser. Effectivement, Shalva Nikvashvili emballe le moteur, et de ce fuselage en latex, peint de sang et de foutre bleu, un humain transgenre va sortir et répandre la parole sans majuscule, sans toit, ni loi, sans dieu, ni peur !

« J’ai découvert que faire des masques était quelque chose a choisi que je n’avais jamais essayé auparavant, mais qui m’a toujours intéressé. J’aime l’idée que lorsque je supprime mon vrai visage et que je mets un masque, le masque parle, pas moi. Cela me donne la confiance nécessaire pour dire ce que je veux et aborder n’importe quel sujet que je veux. » Shalva Nikvashvili

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RC (ZO mag’)
Photos : ©Shalva Nikvashvili et magazine Antidote (merci).

A lire : Shalva Nikvashvili : « La liberté de notre société est une utopie à laquelle je rêve encore » (magazineantidote.com)

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