USA / Peinture / Jimmy Lee Sudduth / TANDIS QUE J’AGONISE…

Un jour, qui sait, il viendra à quelqu’un l’idée d’illustrer un roman de William Faulkner. Ce serait une merveilleuse idée alors de donner à voir les peintures de Jimmy Lee Sudduth. La raison est toute simple. Lee Sudduth est né dans le Deep South (le sud profond), au coin d’une plantation de coton and d’un chariot qui emmène à sa dernière demeure… (As lie I die, de W.F). Il est le dépositaire de cette âme noire, un coin intact de sa vérité, à cet instant, enfanté par la lumière et l’esclavage. Il est ce témoignage absolu, sans le moindre artifice, trempé de sueur et de poussière.

Jimmy Lee est né en 1910, à Caine Ridge, petite bourgade de l’Alabama. Fayette est tout juste éloigné de cinq kilomètres, et c’est là qu’il est mort en 2007. Un siècle de sa vie de paysan, sur ce petit arpent du bon dieu. La vérité et rien d’autre. Jimmy Lee a peint, de ses mains au sens le plus exact du terme, ce qu’il voyait. La terre nue, les arbres, les chiens féroces des Blancs, la cariole chargée de coton, les hommes courbés dans la plantation, le serpent énigmatique. Il a peint avec ses doigts, la fatigue et la chaleur, et les crocodiles aussi, dans cette rivière minuscule qui coule devant son lopin de terre.

Le Smithsonian American Art Museum lui a consacré plusieurs éclairages. Bien sûr, personne ne peut très exactement remonter toute l’histoire. On sait tout de même qu’il créait en abondance, et sur tous les supports qu’il trouvait. Même la tôle ondulée. Le Smithsonian indique aussi qu’il mélangeait la boue et l’eau sucrée, dans laquelle il mettait toute sorte de végétaux. « Il utilise rarement des toiles ou des pinceaux, préférant utiliser ses doigts pour peindre avec de l’argile, de la boue, du sable et de la suie sur du contreplaqué, » note le musée d’art américain. De son aveu, il aurait ainsi inventé une quinzaine de couleurs, avec lesquelles il dit ce monde.

Roger Calmé (ZO mag’)
Photos: by courtesy christian berst galerie

« American outsiders the black south » (juin et juillet 2009), Christian Berst (Paris).
Un livre a été publié: American Outsider 1, the black South. Préface : Phillip March Jones et avant-propos de Christian Berst. Coédité avec les éditions Le livre d’art, 2009.
Contact :
A lire : Jimmy Lee Sudduth | Smithsonian American Art Museum (si.edu) Lyn

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