Cameroun / Peinture / Maurice Pegoué, un tableau… / LE TEMPS DE SE REPOSER EST BIEN COURT

Deux travailleurs à l’heure de la pause, assis dans le vide, qui mangent un morceau. Le souvenir vous revient de cette photo des années trente, où l’on voit des ouvriers du bâtiment, sur une poutrelle, dans le ciel de NY. Le photographe n’est pas connu précisément. Anonyme, comme le sont les bâtisseurs du building… et ces deux types à l’heure de la pause, sur la toile de Maurice Pégoué. Elle s’intitule « Coffee Break ». La galerie Annie Kadji Art l’exposait ce début du mois de juin.

Dans son travail, Maurice « La Pégoué’s » (sa signature) s’attache à figurer nos visages quotidiens. Cette « heure de la pause » (the break) est déclinée de multiples manières. Elle représente aussi bien des femmes sur le marché, des employés de l’administration, des ouvriers au chantier. La femme ou l’homme captent l’entière lumière. Mais ici, Maurice va beaucoup plus loin. Parce qu’il ne se limite pas à peindre la conversation des deux hommes, mais il plante ce décor assez révélateur d’une pièce claire ou d’un couloir où travaille aussi, quasi fantomatique, une femme de peine, une ménagère. Autre personnage sans importance. Nous sommes tous de cette dimension. Et sur le mur d’en face, passe un avion. On l’entend, et personne n’y fait attention. Parce que les avions n’appartiennent pas à notre monde, qui est celui des gens qui restent, qui travaillent toute une vie et que l’on remplace un jour, parce qu’ils ont cessé d’être.

Ce tableau baigne d’une mélancolie que les autres toiles de Pégoué n’explorent pas. C’est une clarté qui rappelle les années soixante, la construction initiale. La lumière est celle d’une vie qui commence. Une vie et une nation, le ciel traversé par des aéronefs et des pointillés numériques, technologie rayonnante. Et si l’on regarde de plus près encore…

La femme qui travaille, le bras levé, fait soudain songer à une statue de Liberté. Le tableau prend alors toute sa signification. Pégoué aurait-il eu le désir de nous montrer la permanence de l’utopie? Ce monde idéal qu’on nous présente sans cesse. Cette ville qui mérite tous les sacrifices. Les acteurs politiques, les critiques d’art, les vendeurs de soupe ont un mot pour ça : Notre résilience.

« Coffee Break », acrylique sur toile, 1, 62 x 1, 30 m (2021)

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RC (ZO mag’)
Photo: by courtesy Annie Kadji Art gallery et Maurice Pégoué.
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