Ouganda / Peinture / Denis Mubiru /CHARGEURS PLEINS, CIBLES EN DEPLACEMENT

D’ordinaire, aucune trace de violence n’apparaît dans le travail de Denis Mubiru. Si l’on excepte celle de ses couleur. Les toiles claquent avec conviction des traits crus et une activité permanente. Kampala est ici, juste de l’autre côté, bouillante, irradiée. Peut-être doit-on prêter une grande attention à ça.

Aux questions posées sur le cheminement du peintre ougandais, les galeries affirment que c’est un homme attentif à la vie quotidienne. Il peint la rue africaine, raccourci saisissant de toutes les réalités. « Je sais qui je suis en tant qu’individu et où j’ai le plus d’affinités – avec un côté chaleureux et dynamique de l’Afrique, » affirme-t-il en commentaire pour l’une de ses dernières expos, à la Melrose gallery de Jo’burg (Afrique du sud). Vraiment rien d’inquiétant chez lui. Et surtout pas cette « filiation » qu’il reconnaît avec le Grand Haïtien, dont le nom ne vous échappera pas. Même dynamique, même volonté d’explorer la forme, sous toutes les coutures, à tous les instants.

Mais qu’on ne s’y trompe pas, Denis Mubiru véhicule au travers de son travail, ses convictions. Il évoque souvent la misère et les extrémités auxquelles ses semblables sont poussés. Dans ses interviews, la place de l’art -et le manque de considération des pouvoirs publics- sont souvent épinglés.  » Le plus grand regret est de ne pas pouvoir présenter mon travail dans mon propre pays et ma propre ville, simplement parce que les conservateurs pensent que nous sommes de jeunes artistes émergents qui remettent en question le statu quo… et donc leurs poches. » regrette-t-il dans une interview à Occhimag (2020).

Un garçon paisible et déterminé ! Il y a deux ans, Denis Mubiru se prête au jeu de l’autoportrait. Il se représente alors assis, le visage masqué par le passage d’un grand poisson, en train de sentir une fleur coupée. La toile est un vrai travail de peinture, éclairée de couleurs quasi printanières, des floraisons de rouges et de jaunes tendres. Rien d’extraordinaire ? L’homme tient appuyé contre ses jambes une arme automatique de fabrication russe, ce qui est un choix tout à fait explicable. L’AK-47 demeure, elle aussi, une référence. De l’autre côté de l’Equateur, le combat est une éventualité à laquelle il convient de se préparer.

 » Le plus grand regret est de ne pas pouvoir présenter mon travail dans mon propre pays et ma propre ville, simplement parce que les conservateurs pensent que nous sommes de jeunes artistes émergents qui remettent en question le statu quo… et donc leurs poches. » Denis Mubiru

« Self Portrait », Denis Mubiru, acrylique sur toile, 1, 00 x 1, 00 m (2020).
Roger Calmé (ZO mag’)
Photos : by courtesy Melrose Gallery et galerie La Cryde (

Repères :
Denis Mubiru est né en 1988 à Masaka (Ouganda). Il est diplômé de Nkumba University School of Commercial Industrial Art and Design, Entebbe (Ouganda).

Expositions :
2021 : Introspection, The Melrose Gallery, Johannesburg, Afrique du sud.
2020 : Material Identities, The Melrose Gallery, Johannesburg.
2019 : Winter Group Show, The Melrose Gallery, Johannesburg.
       Latitudes Art Fair, Sandton City, Johannesburg.
       Disrupting Patterns, The Melrose Gallery, Cape Town, South Africa.
2015 : Women’s Day Art Exhibition, Magezi Art Gallery Kampala (Ouganda).
2014 : 32 East Ugandan Arts Trust KLAART Festival.
       Makerere Art Gallery, Kampala.
      Sadolin MaBarti/German Cultural Society Art Challenge Kampala.
2013 : Laba Arts Festival.
       Xmass Art Sale Group Exhibition, AKA Art Gallery Kampala.
2012 : Group Final Students’ Art Show, Nkumba University of Entebbe, Ouganda.

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