Sierra Leone / Photographie / Ngadi Smart / IL N’Y A AUCUNE DIFFERENCE

Ele proscrit le mot « minorité » de son vocabulaire. Ngadi Smart ne considère pas comme une faveur d’appartenir à un groupe différencié. L’humanité est unique et indissociable, taillée dans un même morceau de terre et de bois. Et c’est ici, dans ce carré, qu’elle inscrit son cadre photographique. Ses humains pourraient être des végétaux, des émanations aquatiques, des songes… et ils le sont. Ce discours devrait avoir une portée « politique ». D’ailleurs, c’est dans ce sens que l’actuelle Biennale de Venise a rassemblé 180 artistes pour l’essentiel des femmes, issues de différents courants esthétiques et affectifs. « Je suis persuadée qu’il n’y a pas de différence réelle entre un homme et une femme. Nos sentiments, nos envies sont très comparables, nous poursuivons des idées qui nous rassemblent et ne peuvent nous séparer. », disait-elle dans une interview à une revue de la mouvance queer. C’est un combat singulier, mais qui rappelle aussi celui d’autres plasticien(ne)s comme ruby onyinyechi amanze (Nigeria), dans leur refus d’être reliés à une culture originelle, considérée comme mineure et marginale.

Utopique ? Il y a trois ans, Ngadi Smart produit un travail sur la rareté de l’eau en Sierra Leone, pays dont elle est originaire. « Wata Na Life » fait suite à une catastrophe naturelle qui a lourdement frappé la région de la capitale. Suite à des pluies diluviennes, une montagne s’est affaissée (octobre 2017), engloutissant des villages entiers. La catastrophe a causé la disparition de plus de 1100 personnes. Malgré cela, aucune disposition efficace n’est mise en place pour secourir la population, notamment de lui fournir de l’eau et des systèmes d’épuration. La contamination liée aux cadavres, le risque de choléra, le typhus font alors peser une seconde menace.

La photographe alterne ainsi les séries, qui documentent aussi bien la communauté LGTB que les conditions de vies des quartiers défavorisés, la mode et la situation dans les quartiers marginalisés de Freetown. Marginalisés, auxquels personne ne prête d’attention. « You are not the lesser part », comme le dit la dernière collective à laquelle Ngadi Smart participe à Chicago. Vous n’êtes pas la moindre partie.

« Wata Na Life », Ngadi Smart.
Actuellement participe à « Beautiful diapora / You are not the lesser part », collective au musée de la photographie contemporaine (POCP)de Chicago (USA). Jusqu’au 26 juin 2022.

Contact: https://www.ngadismart.com/

«  »Wata Na Life »  est une fenêtre complexe sur ce que peut être la vie quotidienne en Sierra Leone, soulignant les effets cumulatifs de la déstabilisation, du manque d’infrastructures, de la corruption et, enfin, du changement climatique causé par l’homme : un exemple de la façon dont cela a affecté, et continuera d’affecter, les pays en développement sur le continent africain  » Ngadi Smart

Repères:
Ngadi Smart vit entre la Côte d’Ivoire et Londres.
Elle se partage entre l’illustration et la photographie. Dans ce cadre, elle s’intéresse aux documentaire traitant des cultures, sous-cultures et minorités.
Ses photographies ont été publiées sur CNN, British Journal of Photography, Vogue Italia, Atmos Magazine et I.D Magazine.

Expositions (sélection):
2018:  « An african lens», Yale université, Africa Salon, Yale’s Contemporary African Arts and Culture, Creative Arts Workshop à New Haven (USA).
             LUMIX FESTIVAL FOR YOUNG PHOTOJOURNALISM, Hanovre (Allemagne).
             NOUVEAUX RÉCITS ase de données du photojournalisme africain, Photoville Festival, Brooklyn, New York (USA).
             PHOTOJOURNALISME AFRICAIN, Nuku Photo Festival, Accra (Ghana).
             « UNSTILL LIFE « , Photo Katmandou, Katmandou (Népal).
             VLISCO&CO,  Côte d’Ivoire Launch, Galerie Cécile Fakhoury, Abidjan (Côte d’Ivoire).
             « VERTUS ET VICES », Das Gift, Berlin (Allemagne).
2019:  DO THE GREEN THING’S « MAN MADE DISASTER: PATRIARCHY AND THE PLANET », Protein Studios, Londres (GB).
            « MONSIEUR, OÙ EST CET ENDROIT? » Semaine de l’Afrique de Beijing, Art Museum de Pékin, Pékin (Chine). 
            YOUNG PHOTOGRAPHY FROM ABIDJAN AND JOHANNESBURG, Never Stop Reading, Zurich (Suisse).
           « ART ON A POSTCARD », Old Spitalfields Market, Londres.
            » I AM A WOMAN », Hartslane Gallery, Londres.
           DUTCH DESIGN WEEK, VLISCO, Eindhoven (Pays-Bas°.
           LAGOS PHOTO ’19, Lagos (Nigeria).
2020: « BUILD LOVE, BREAK WALLS » Shado mag’, Bermondsey Project Space, Londres.
           « BREAKING GENDER STEREOTYPES », Festival queer Heidelberg,  Heidelberg (Allemagne).
           AU-DELÀ DES FRONTIÈRES: L’ART DANS L’ÈRE POST COVID EXPOSITION (online).
           AOP BLACK AND MINORITY ETHNIC MEMBER SPOTLIGHT FOCUS. Exposition online.
           THE VAGINA MUSEUM, exposition online.
           16ème  ÉDITION RENCONTRES CINÉMATOGRAPHIQUES DE CERBÈRE-PORTBOU, Galerie Photoeil, Cerbère-Portbou (France).
2021: KYOTOGRAPHIE 2021:  » MANIFOLD » ET « EE DON TEHM FOH EAT », Kyoto (Japon).
           UNIT LONDON PLATFORM: IMAGING BLACKNESS, online.
           DO THE GREEN THING: THE COLOUR OF THE CLIMATE CRISIS.
           LOOK CLIMATE LAB EXPOSITION, Open Eye gallery, Liverpool (Royaume-Uni).
          BEAUTIFUL DIASPORA / YOU ARE NOT THE LESSER PART, Museum of Contemporary Photography, Chicago (USA).

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