Mali / Peinture / Abdoulaye Diakité / LES FLEURS, C’EST PERISSABLE.

Difficile de savoir de quelle oreille, Dieu entendra ce qui va suivre. Dans nos dialogues avec le Boss, les querelles sont nombreuses et les récriminations permanentes. Habitué de ces conflits, Dieu demeure d’un flegme africain. Peu importe la façon que vous avez de le prononcer, ce « désir de Dieu » est une source inaltérable de prises de bec. Il est évident que Dieu en a vu d’autres et s’amuse de tout ça. Il arrive aussi qu’il claque la porte et descende les escaliers en sifflotant. Vous le regardez par la fenêtre qui traverse le parking et se dirige vers la grande surface.

Dans sa nouvelle série, Abdoulaye Diakité a donc pris le parti de s’interroger sur cet éternel besoin. Comme il est un homme rempli d’humanité, ses nouvelles toiles ne sont pas ici pour lever des problèmes de voisinage. Tout juste trouve-t-il ce désir assez inutile.  » Je veux indirectement dire qu’il s’agit d’un amour impossible. Ce n’est pas un reproche, disons que nous ne sommes plus dans la capacité du dialogue. L’homme est une sorte de dieu et c’est un peu comme les humains entre eux qui redoutent de se rapprocher les uns des autres. Sans doute que Dieu est dans cet état d’esprit. » En somme, il a rayé le nom dans son calepin, il s’intéresse à tout autre chose.

Est-ce une inattention passagère ? Ou bien les deux copains sont irrémédiablement brouillés ?

Au-delà de la considération métaphysique, Abdoulaye poursuit une narration pleine de tendresse pour ses prochains. Le précédent travail faisait en monochrome rouge, le portrait urbain de notre société. Des enfants promenaient leur chien ou jouaient au ballon. Cette fois, le bleu domine et l’homme fait de grandes grimaces en tendant à Dieu son bouquet de fleurs. La voilà la réponse que l’on attendait. De la même façon qu’il offre à la maîtresse d’école quelques marguerites cueillies sur le chemin, cette fois il tend à Dieu son petit bouquet. Seulement Dieu ne semble pas le voir. Est-ce une inattention passagère ? Ou bien les deux copains sont irrémédiablement brouillés ?

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RC (ZO mag’)
© Abdoulaye Diakité 2021
Contact: 00223 76 39 85 05

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