Nigeria / Peinture / Gbemileke Adekunle, un tableau… / UNE FEMME AFRICAINE

Cette fois, Gbemileke Adekunle ne met d’autre précision qu’une courte citation d’Edgar Poe. Ce dernier est un écrivain porté sur l’extraordinaire. A plusieurs occasions, le peintre s’est servi de cet état. Perspectives tronquées dans la lumière immobile du midi, ou au milieu des salons mangés d’ombres, beautés féminines dont on a du mal à s’approcher, tant elles conduisent une conversation lointaine. Dans un autre lieu que le nôtre, hors cadre. Edgar Poe est de cette sensibilité. La réalité ouvre tout à coup une possibilité jumelle. Les couleurs sont d’une force qui n’est pas de ce temps, sorties d’un songe. Le bleu du vêtement est de la même texture qu’un ciel nocturne. Et le jaune lumineux comme une fleur en plein midi.

« il n’y a aucune beauté sans une part d’étrangeté dans les proportions. ». Edgar Allan Poe

Edgar Poe disait : « There is no exquisite beauty… without some strangeness in the proportion.” Ce qui donnerait : « il n’y a aucune beauté sans une part d’étrangeté dans les proportions. ». Black Beauty suit à la lettre ce constat, et affiche un corps en deux temps. La partie supérieure entretient une parte de la vérité. Cette exquise jeune femme, habillée d’une tunique florale, se tourne vers vous et vous adresse un regard plein de réserve. La lumière est trompeuse, parce que son délicieux visage demeure dans l’ombre. Votre attention est donc attirée par le tissu, un wax incendiaire, une florale incandescence.

Elle peut envisager de déplacer les montagnes, de les escalader, de franchir d’un pas le fleuve tout entier, et de marcher durant des siècles, sans éprouver la moindre fatigue.

Pourtant, la curiosité ira à la partie inférieure du tableau. A ce moment-là beaucoup d’hypothèses sont possibles. Quel besoin Gbemileke Adekunle a-t-il de lui donner un semblable volume ? Parce qu’il s’agit effectivement de membres exagérés, d’une puissance inouïe, capables… Et cette disproportion, synonyme de puissance et d’ancrage, retient immanquablement le regard.

La fille fragile ne l’est jamais vraiment. Pour ce qui est de la réalité, elle peut envisager de déplacer les montagnes, de les escalader, de franchir d’un pas le fleuve tout entier, et de marcher durant des siècles, sans éprouver la moindre fatigue. Black Pearl est une femme africaine !

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Black Pearl N°2, 47, 5 x 45 inches, acrylique sur toile (2022)
RC (ZO mag’)
Photo : © Gbemileke Adekunle
Contact : (20+) Gbemileke Adekunle | Facebook

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