RDC / Peinture / Catheris Mondombo / SOLEILS NOIRS ET MAINS TRANCHEES

« Notre histoire », parce que c’est là que réside l’explication de notre présent. Il est inutile de chercher très loin. « Notre histoire », comme Catheris Mondombo a nommé ses récents travaux est un regard sans grande concession sur ce processus débuté en 1890 et dont l’écho ne s’éteint jamais. Rien ne vient sans raison, tout est écrit dans le livre.

Dix millions de morts, dans la totale indifférence des nations.

Sur l’une des toiles que l’artiste de RDC présente à New York (galerie Ethan Cohen), un cavalier crépusculaire, chevauche, dos tourné à celui qui le regarde. Il est fort possible que ce personnage historique, à l’image de sa statue équestre qui prône à Bruxelles (Belgique), soit parfaitement indifférent au témoin qui l’observe. Entre 1890 et 1908, Léopold II inflige au Congo plus de dix millions de morts. Son règne est celui de l’asservissement total. Et c’est précisément dans cette horreur que Catheris Mondombo prend sa couleur et son trait. Peint sur d’anciennes bâches, sortis de la nuit, ses visages anonymes, sans nom, effacés, muets et hurlants, errants, en quête de lieu et d’identité, de repos et de reconnaissance.

« On sait tout dans le reste du monde ! Pourquoi ce phénomène-là a-t-il disparu des consciences au cœur même de l’Europe ? » Marc Wiltz.

Ces toiles de rebut sont les seules à pouvoir recueillir ce témoignage. Elles sont à l’image de ceux qu’elles représentent, dégradées par les pluies, par la brulure du soleil et les manipulations répétées. Tout est ici à prendre au premier degré et au sens le plus profond, à saisir à pleine main, comme d’un sac plein. Dans cette pauvre toile, c’est l’histoire qui vient, mains tendues, mains coupées.

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Roger Calmé (ZO mag’)
Photos: by courtesy Angalia et Ethan Cohen gallery (New York)
Jusqu’au 12 mars,  Faces of Kinshasa, Catheris Mondombo, première expo solo aux USA. Catheris Mondombo: Faces of Kinshasa | Ethan Cohen Gallery (ecfa.com)

Repères :
Catheris Mondombo est né à Kinshasa, le 10 octobre 1992. Après avoir pu décrocher son diplôme d’État (baccalauréat), en Sculpture (Institut des Beaux-arts, 2011-2012), il entreprend une brève formation universitaire. Elle reste sans lendemain, l’artiste préférant une formation autodidacte.

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