Zambie/ Mémoire et photographie / Sana Ginwala DANS NOS MAISONS, LA MATIERE DE NOS MUSEES.

Au moment d’expliquer la raison première, c’est-à-dire l’origine même de l’exposition, Sana Ginwala tire d’une enveloppe une photographie datée de la fin des années 80. « Il s’agit d’une image de mon oncle Mohammed, qui a été prise dans la boutique (PAZA Trading) qu’il venait d’ouvrir. Cette photo est importante pour moi. Grâce à lui et à l’entreprise qu’il a lancée, ma famille a émigré de l’Inde en Zambie avant ma naissance. » Ce cliché est donc doublement fondateur.

L’image date des années 80 et elle raconte une double histoire: au singulier, puis au pluriel. Passerelle.

Sana Ginwala, curatrice et artiste zambienne, d’origine indienne, est en quête de son identité dans les images les plus anodines. Elles concernent aujourd’hui aussi sa propre existence que celles de la communauté, dans laquelle elle vit… tout en étant identifiée comme étrangère. « Belonging (appartenir, en anglais).

L’exposition « Exploring Identy through photographs from the past » (Explorer l’identité à travers des photographies du passé) sert donc de passerelle. « Par la photographie, j’ai pu comprendre mon identité, ma lignée familiale et nos migrations du Myanmar vers l’Inde et la Zambie. Mon intention avec Zambia Belonging en tant que projet est de faciliter cela aussi pour d’autres personnes. », explique-t-elle.

Le choix du lieu d’exposition n’est pas anodin non plus. C’était une nécessité pour celle-ci de se tenir dans le musée national de Lusaka, et de mettre en dialogue la grande histoire de la Zambie et les trajectoires personnelles. Dans un même temps, « Belonging » permet de repenser la notion de l’archive, voire celle du musée. « La plus grande partie du public venait pour la première fois dans ce lieu de mémoire collective. » L’exposition, sous cet aspect « personnel » permet à certains de se « réapproprier » leurs propres archives, dans leurs propres maisons et de réactiver ainsi les dialogues avec les personnes âgées qui sont des bibliothèques vivantes.

C’est un aspect sur laquelle Sana Ginwala s’attarde aussi : « Comment archiver les sentiments, les émotions, les expériences, par une absorption du passé dans le présent à travers la photographie ? En décentralisant l’histoire de Lusaka et de la Zambie, tout en ouvrant la possibilité de lire d’autres histoires des simples amitiés, des histoires des citoyens sous un jour nouveau. » Cette fois, le citoyen n’est plus spectateur, mais un acteur déterminant de cette Histoire. 

« Il s’agit d’une image de mon oncle Mohammed, qui a été prise dans la boutique (PAZA Trading) qu’il venait d’ouvrir. Cette photo est importante pour moi. Grâce à lui et à l’entreprise qu’il a lancée, ma famille a émigré de l’Inde en Zambie avant ma naissance. » Sana Ginwala

,

Zambia Belonging, nov-décembre 2021, au Musée national de Lusaka et 6 au 12 décembre, à l’East Park Mall, Lusaka (Zambie).
Stéphane Kabila Kyowa
stephanekabilakyowa@gmail.com

Photos : DR, Sana Ginwala.
+260 96 559 52 52
(20+) Sana Ginwalla | Facebook

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :