Haïti / Peinture-dessin / Fanfan RomainLE CIEL ET CE QUI VIENT ENSUITE

La liberté. En peinture, c’est un mot dont le sens est immense. Pour ainsi dire un mot « impossible ». Libre, c’est ne rien devoir à ce qui précède, c’est être sans les autres, sans image de référence. En Haïti, il arrive que la peinture soit libre. Malraux l’évoquait en parlant du Saint-Soleil. Et de la même façon, d’autres suivront, sous un trait apparemment « naïf », mais qui ne l’est pas vraiment. Peintres de la couleur, griots mystiques, conteurs du fracas et du mystère vodou. Peintres « visités », dans la lumière venue de partout, souterraine et lunaire. Voodou.

Il faut vivre dans ces yeux, et par eux voir le commencement qui termine la nuit. Il faut, mais ce n’est obligé. C’est juste un morceau de l’Immense.

Fanfan Romain marche dans ce jardin. Il n’a d’autre connaissance que celle qui va de son pinceau à la bouche de l’esprit. Ne cherchez rien qui puisse le définir, si ce ne sont ses mots, nés du même fracas : «Je suis Fanfan Romain. Mon art s’apparente à l’art des fous. Je suis né le 9 janvier 1974. Je suis marié et j’ai une fille. Je ne fais pas partie des artistes « Rezistans », car je travaille tout seul, je n’ai pas de groupe. Mon expérience de travail vient de Dieu, mon inspiration puis mon intelligence. Je travaille sur le vodou parce que c’est la culture de mon pays. » On a découvert en 2017 sa peinture lors d’une exposition parisienne, organisée conjointement par Claire Corcia et la galerie Polysémie (Marseille). Des tableaux, des icônes, un mystère.

A son bras, à ses chevilles, le joug se transforme en or.

C’est une île qui échappe et ses peintres sont dans ce déplacement de nulle part. Fanfan n’appartient pas. Son désir est de devenir célèbre. De quelle célébrité parle-t-il ? Elle n’a de cadre que le regard de Legba et des autres loas, qui acclament Dieu et tiennent ouvertes les portes. Les tableaux sont d’une clarté définitive. Des esprits sortent des jarres de terre. Des manchots chevauchent de grands tambours, suivis de prêtres en aube blanche, qui jouent d’une minuscule flûte. Fanfan est là. Il vient et il repart. Son nom est dans un catalogue, son âme voyage par-dessus les nuages et la lune. Il célèbre le nom. Il est Libre. La première et dernière lettre de l’alphabet traverse sa toile. Un autre le suit, il s’appelle Léonce, c’est encore lui.

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RC (ZO mag’)
Photos: by courtesy Claire Corcia et Polysémie

Artistes – Galerie Claire Corcia
Romain Fanfan – Polysémie (polysemie.com)

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