Sénégal / peinture / Ousmane Niang, un tableau… / SORTONS NOS PLUS BELLES PLUMES

Qu’il s’agisse d’un animal, en l’occurrence d’un oiseau, n’est pas très important. Il y a longtemps que l’humain et eux se copient les uns les autres. Leurs comportements ont la même allure et leurs costumes aussi. Ils rient aux mêmes passages et s’abusent les uns les autres sans le moindre scrupule.

A sa sortie de l’Ecole nationale des arts de Dakar, Ousmane Niang a observé tout d’abord le monde, tel qu’il était dessiné. Les singes riaient de la pire façon, il y a avait dans les arbres des assemblées de vautours et les hyènes sortaient la nuit se repaître des choses abandonnées. Nous sommes des choses abandonnées. Ousmane Niang a compris qu’il fallait en parler. L’injustice était générale et consacrée comme un art de vivre.

Ce qu’il est obligé de faire pour donner l’illusion d’être. Fer à repasser, acrylique sur toile, 1, 70 x 1, 50 m (2022)


Dans sa peinture, le peintre sénégalais ne parle finalement que de ça. Des rôles que nous sommes amenés à jouer. « Le fer à repasser » en est un bon exemple. La galerie Afikaris a choisi de le présenter à Cape Town, parmi d’autres œuvres conscientes, socialement sensibles et révélatrices d’une époque qui part en lambeaux. Le fer à repasser montre un grand oiseau qui n’a plus de plumes, mais qui doit sortir. Cet oiseau repasse son plumage avec soin. De cette manière, il pourra parcourir la ville, et sans doute jouer le jeu auquel on le destine.


« Nous partageons le monde. Les forts prennent de grosses parts et les faibles se retrouvent sans rien. C’est ce qui nous fait reculer, nous les jeunes Africains.  » Ousmane Niang


Ousmane Niang considère que nous avons autre chose à faire sur cette terre que d’être des consommateurs, aptes à remplir les chariots des grandes surfaces. Nous avons une humanité qu’il faut retrouver, des responsabilités à assumer. Le fait d’être oiseau, lion ou jeune serpent n’est pas très important. Le plumage n’y change rien, et la langue non plus. Il y a des choses plus essentielles, une justice quotidienne, une attention au plus faible. Pour cela seulement, il convient de s’habiller avec clarté, dans des couleurs qui chantent. Le tableau hélas n’est pas de cette nature. Niang pose un constat amer. La scène s’apparente à un cauchemar. Dans l’épaisseur de la matière, des regards observent au bon fonctionnement du maléfice.


Fer à repasser, acrylique sur toile, 1, 70 x 1, 50 m (2022)
Visivle du 18 au 20 février, Investec, Art Fair, Capetown (Afrique du sud).
https://afikaris.com/collections/ousmane-niang
RC (ZO mag’)
Photo: by courtesy Afikaris gallery

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