Côte d’Ivoire / Installation / JacobleuLE TROUPEAU DES DINOSAURES

C’est un bruit répandu au travers de toute la planète. On l’entend de très loin. Les sabots frappent le sol, la terre résonne. Un nuage de poussière accompagne le formidable martèlement. Multitude de buffles ou de bisons, tous tournés dans la même direction ! En 2007, Jacobleu présente au Festival International des Arts Visuels d’Abidjan (AVA) une version plus surréaliste où les tyrannosaures déclinent cette version du troupeau affamé. Le tyrannosaure est une espèce de dinosaure super féroce, avec une toute petite tête et trois cellules cérébrales qui se courent après.

Dans quelle direction regarder, dans quelle pâture brouter ?


Au milieu de cette cavalcade aveugle, un tyrannosaure blanc fait demi-tour et part en sens contraire. « Cette œuvre indique qu’il ne faut pas suivre aveuglément la masse. Cela n’est pas toujours le meilleur choix, explique son créateur. Il faut savoir (…) faire « volte-face » quand c’est nécessaire. » Affirmation identitaire courageuse, Jacobleu rompt avec le mouvement général. Et on pense alors à ces peintures du Chinois Yue Minjun, dissident engagé contre le totalitarisme, qui rit à gorge déployée, face à la répression. Les deux artistes tiennent un propos assez similaire.

« Cette œuvre indique qu’il ne faut pas suivre aveuglément la masse. Cela n’est pas toujours le meilleur choix. Il faut savoir (…) faire « volte-face » quand c’est nécessaire. » Jacobleu

C’était il y a quinze ans. Les tyrannosaures continuent de faire trembler la terre. Et Jacobleu de montrer ce que l’Afrique a pu conduire de formes modernes, novatrices, de designs remplis de sens, de peintures ancrées dans la culture, populaires et signifiantes. Dans une belle rubrique qui s’appelle « Jamais sans l’Art », il ressort quelques moments forts qui vont à contre-courant. C’est assez formidable, parce que ça montre du mobilier, de la peinture engagée, des lieux dont personne ne parle, des chaises qui auraient pu faire l’histoire, dessinés comme des totems futuristes… Signés par Ouattara Watts, Ernest Dükü, Vincent Mbandeve, Vincent Niamien, Bertrand Amessan, et mille autres encore, une création qui engage le sabot dans une autre direction.


Installation « RE-VOLT » par Jacobleu, Festival International des Arts Visuels d’Abidjan (AVA), 2007.
« Là où souffle l’esprit », œuvres de Jacobleu, du 24 février au 24 avril 2022, Fondation BJKD, Abidjan Cocody.
RC (ZO mag’)
Photo: Thierry Fieux et DR

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