Ethiopie / Peinture / Hana Yilma Godine / DES TETES, DES FLEURS, UN SALON.

Samedi matin. Les hommes vont au maquis et refont le monde. Les femmes sont au salon et se refont la tête. Des instants essentiels, respiratoires, politiques, amoureux, des parenthèses de dialogue, de réconciliation, dans une autre sphère que celle du couple ou du travail. Hana Yilma Godine entre dans ce lieu particulier, à la fois intime et social. Ses nouvelles peintures, exposées à New York, galerie Uffner, parlent de ces instants pris à la guerre, à la contrainte, à la peur… des instants de paix et de réconciliation.

Dans une autre sphère que celle du couple ou du travail. Hana Yilma Godine dépeint ce lieu assez particulier, intime et social.

L’artiste éthiopienne s’intéresse depuis plusieurs années à ces contraintes que la société et le temps imposent aux femmes en particulier Maternité, jeux de rôles, figuration sans liberté. Sa précédente exposition américaine (Fridman gallery, Bowery, 2020) s’attardait déjà sur l’espace intérieur, c’est à dire le domicile et la solitude, dans cette ordonnance des objets et des sentiments. « Ma pratique s’est depuis longtemps concentrée sur les femmes (…), ainsi que leurs rôles dans la société. Je travaille symboliquement pour communiquer la complexité de leur vie », disait-elle à ce sujet.


Au-dela de l’anecdote, c’est à dire le salon africain, dans un lieu et un temps qui lui sont propres, cette nouvelle série se focalise sur une possible rencontre, hors le temps habituel, hors la guerre qui déchire encore son pays, hors la pauvreté de nos vies, d’un moment qui réunit. « Ici, les femmes sont à l’abri de la violence, de la restriction sociale. Il n’y a pas de menace qui pèse sur elles, explique la galerie new-yorkaise, et Yilma peint cette possibilité de liberté et d’apaisement.« 

Les instants de la liberté, le soin que l’on porte à soi, aux autres, au temps qui vous appartient. Reconstructions.

Comme c’était le cas dans ses précédents travaux, Yilma Godine travaille ici par couches successives, sans chercher à masquer ce qui précède, dans la forme dissoute, qui va disparaître progressivement, mais subsiste encore et témoigne. Ces femmes sont complexes. Elles succèdent des époques d’elles-mêmes, des épisodes que le salon aide à dépasser, sur lesquels il tresse une autre perspective. C’est un lieu étonnant, d’attente et de libération, un lieu très symbolique, de beauté possible, de mots aussi. Rien n’est arrêté. Et la peinture de Godine va de la même manière, par touches vives, des fleurs dans les cheveux, des explosions douces, bouquets épanouis.

« … la vie quotidienne des humains ordinaires. Des sujets comme les gens dans la rue, les vendeurs occasionnels et les marchés ouverts étaient la motivation centrale de mon travail. Les influences de la structure sociale, apprises par mon éducation en Éthiopie, sont dans le tissu de ma pensée et me fournissent une compréhension profonde des liens communautaires. «  Hana Yilma Godine
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Un salon de coiffure à Addis-Abeba, Hana Yilma Godine, Rachel Uffner gallery (New York, USA), jusqu’au 5 mars 2022. https://www.racheluffnergallery.com/exhibitions/detail/hana-yilma-godine/installation-stills/5
RC (ZO mag’)
Photos: DR et by courtesy Rachel Uffner gallery

Repères:
Hana Yilma Godine est née en 1993 à Arssi Negele (Ethiopie).
Elle a obtenu une maîtrise en beaux-arts de l’Université de Boston en 2020, après avoir étudié à l’Abyssinia School of Fine Art and Design et à l’Ale School of Fine Art and Design d’Addis-Abeba. Elle vit et travaille désormais aux Etats-Unis

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