Plasticien / Zié Jean-Laurent Koné / LA PROTECTION DU FÉTICHE, MAN!

Bien sûr, l’hypothèse demande à être vérifiée. il n’empêche que Jean-Laurent Koné a acquis ces dernières années une profonde connaissance du « Gaou ». On peut même certifier, sans trop de risque de se tromper, qu’il entretient avec la communauté des liens étroits. Certains tableaux récents laissent même entendre qu’il… Le « Gaou », faut-il le rappeler, est une créature non dépourvue de charme. Elle possède souvent une motocyclette, des pantalons pattes d’éph’, elle fume des cigarettes mentholées. Certains ont même suivi des études de marketing et boivent des drinks sur les rebords des piscines.

« C’est un gaou, il a une baraque de cent millions et un garde qui dort la nuit. »

Jean-Laurent est observateur d’une part et son propos est empreint d’une profonde empathie. Il se peut que le Gaou, dans un éclair de lucidité, revienne les pieds sur terre. Pour en revenir à ces panneaux de bois, la réalisation s’est faite sur commande. La discrétion la plus absolue est ici de rigueur. Mais certains indices sont parlants. De la même façon qu’il peint les gaous aux heures chatoyantes du crépuscule, l’artiste de Bingerville (Côte d’Ivoire) livre une œuvre sous influence pop. Les motifs sont inspirés d’une floraison, dit-il, dans ce qui serait le jardin idyllique, le retour à un paradis. La couleur est là, les dessins imprimés et les plaques de bois affirment une sorte de satisfaction convaincante.

Un camarade de régiment, un type au-dessus de tout soupçon, me glisse à l’oreille que c’est bien de ça qu’il s’agit. Il se lance alors dans une démonstration. « A notre époque, avant que le Gaou règne sur le cité, nos demeures étaient protégées par des totems. Ils assuraient la sécurité, mieux que la kalash. » Selon ce rude gaillard, Zié Jean-Laurent a figuré ici des totems gaous, pour un riche client, un jeune gars qui a fait fortune dans le commerce des voitures japonaises.

« C’est un gaou, il a une baraque de cent millions et un garde qui dort la nuit. » Bref, dans la cité moderne, dans le rythme trépidant du coupé-décalé, subsistent des croyances lointaines, qui habillées de fleurettes, assurent aux amateurs le sentiment culturel et la protection du fétiche. Wha!

,Brassages, acrylique sur panneaux de bois, 1, 58 m x 2,28m (2021).
RC (ZO mag’)
Photo: Zié Jean-Laurent Koné

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