France / Photographie / Carolina Arantes / DANS LA MONTÉE D’ESCALIERS

« La Femme française est aussi noire. » Il ne faut pas changer de titre. Parce que c’est une bonne manière de dire cette réalité dans les cités, dans les entreprises, dans la file d’attente devant les distributeurs de masques sanitaires… Noires et porteuses d’images, porteuses de rêves, de lumières tranchantes, femmes au quotidien que l’appareil de Carolina Arantes a suivi, dans ces rectangles documentés de la photographie .

Noire et porteuse d’images, porteuse de rêves, de réalités tranchantes

Un petit mot de cette chercheuse d’histoires. Carolina poursuit dans son travail une figuration remplie de sens social. Voilà un mot bourré de signification et qui touche aussi bien les LGTB au Brésil (Tombamento), les vaches prisonnières des cartels de la viande (Holy Cow), que la réalité noire et féminine dans une société occidentale somme toute ordinaire, banale et très à cran sur la question des différences.

Alors que voit-elle dans son viseur ? « Pour construire ce travail, j’ai interrogé des dizaines de Françaises d’origine africaine afin de comprendre leurs expériences et leurs questions existentielles. J’ai entendu des histoires de réussite et de force, d’unité et de résistance, d’estime de soi et de soins personnels, mais aussi reçu beaucoup entendu parler de douleur et de déception. J’ai compris l’ancrage fragile d’une identité qui n’était ni établie ni reconnue. »

Tout est dit. Ce qu’il en sort est un mélange subtil de sentiments, sans outrance particulière, à l’image de nos vies, faites de blancs et de noirs, de couleurs aussi, dans des mouvements d’exclamation. La photographie de Carolina Arantes fonctionne un peu de cette façon, de mettre un trait rouge ou jaune sur une situation et de la faire basculer ainsi dans l’évidence quotidienne. Il y a par exemple cette cuisine et cette fille assise dans le formica, devant des boîtes de pizz’, les yeux dans le vague. Elle porte un peignoir blanc et ressemble un peu à une geisha. Elle ressemble… À l’image de cette phrase que Carolina ajoute dans la construction de son travail : «  Je suis Français en ce moment, mais je veux défendre toute l’histoire de l’Afrique. Je veux avancer dans cette histoire africaine... » La mixité est là, dans la construction identitaire et non dans le récépissé que la préfecture décide ou pas de donner. ,

First Generations , de Carolina Arantes
http://www.carolinaarantes.com
http://www.fotoevidence.com
RC (ZO mag’)
Photos: Carolina Arantes

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