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𝗕𝘂𝗿𝗸𝗶𝗻𝗮-𝗙𝗮𝘀𝗼 / 𝗕𝗜𝗦𝗢 𝗼𝗳𝗳 𝟮𝟬𝟮𝟭 / 𝗣𝗲𝗿𝗳𝗼𝗿𝗺𝗮𝗻𝗰𝗲 / « 𝗡𝗼 𝗴𝗲𝗻𝗱𝗲𝗿 »𝗡𝗜 𝗣𝗟𝗨𝗦, 𝗡𝗜 𝗠𝗢𝗜𝗡𝗦…

Et vous, vous êtes qui ? vous êtes quoi ? Vous appartenez à quel camp ? Et pourquoi donc, vous ne portez pas le maillot ? Les couleurs, le drapeau et la carte avec la cotisation. Bon sang, vous allez répondre ? Il plane sur la scène un malaise profond. Les oiseaux ont cessé de chanter. Le baobab regarde de l’autre côté.

Le 10 octobre dernier, à l’ouverte de la BISO off, Francky Belany, Pierre Garel et Sam Dol ont répondu qu’ils étaient tout et rien, c’est-à-dire qu’ils étaient des humains et que ça devait suffire. Francky est comédienne, Sam Dol et Pierre Garel, plasticiens-peintres. Ils ont monté la performance « No gender » dans ce but. Le refus de l’étiquette, du prix imposé, de l’appellation contrôlée. « No gender », n’a pas de genre (comme son nom l’indique), il n’a pas à décliner de possession et d’appartenance, il est libre d’être selon son humeur. Homme ? Femme ? Les deux en même temps ? Ni l’un, ni l’autre ? Oiseau ? Tambour ?

Homme ? Femme ? Les deux en même temps ? Ni l’un, ni l’autre ? Oiseau ? Tambour ?

Pierre rigole. Le fait d’être un homme ne lui semble en rien quelque chose de glorieux. « 𝘓𝘦 𝘱𝘰𝘶𝘷𝘰𝘪𝘳 𝘥’𝘶𝘯𝘦 𝘤𝘭𝘪𝘲𝘶𝘦, 𝘥’𝘶𝘯 𝘮𝘰𝘥𝘦 𝘰𝘱𝘦́𝘳𝘢𝘵𝘰𝘪𝘳𝘦 𝘲𝘶𝘪 𝘮𝘪𝘯𝘪𝘮𝘪𝘴𝘦 𝘭𝘢 𝘥𝘪𝘧𝘧𝘦́𝘳𝘦𝘯𝘤𝘦, 𝘤𝘰𝘯𝘴𝘪𝘥𝘦̀𝘳𝘦 𝘭𝘢 𝘧𝘦𝘮𝘮𝘦 𝘤𝘰𝘮𝘮𝘦 𝘴𝘦𝘤𝘰𝘯𝘥𝘢𝘪𝘳𝘦, 𝘭’𝘪𝘯𝘧𝘢𝘯𝘵𝘪𝘭𝘪𝘴𝘦, 𝘭𝘢 𝘷𝘪𝘰𝘭𝘦𝘯𝘵𝘦, 𝘭𝘢 𝘮𝘢𝘳𝘨𝘪𝘯𝘢𝘭𝘪𝘴𝘦. » Stop !

S’ils ont chacun leurs raisons propres, Sam, Francky et Garel montent alors cette pièce acide et jubilatoire comme un appel au bon sens. C’est un hymne au refus et en même temps à la vie. Francky est militante LGTB ? Son discours est certainement plus politique et la performance lui donne aussi un propos frontal… très révélateur des réactions du public. Garel partage pleinement cet avis, en remerciant toutes les sensibilités d’assister à ce décrochement des certitudes. « 𝘗𝘰𝘶𝘳 𝘶𝘯 𝘱𝘭𝘢𝘴𝘵𝘪𝘤𝘪𝘦𝘯, 𝘭’𝘦𝘯𝘷𝘪𝘦 𝘥𝘦 𝘱𝘦𝘳𝘧, 𝘤’𝘦𝘴𝘵 𝘭𝘦 𝘥𝘦́𝘴𝘪𝘳 𝘥𝘦 𝘴𝘦 𝘧𝘢𝘪𝘳𝘦 𝘱𝘭𝘶𝘴 𝘧𝘢𝘤𝘪𝘭𝘦𝘮𝘦𝘯𝘵 𝘤𝘰𝘮𝘱𝘳𝘦𝘯𝘥𝘳𝘦. 𝘋𝘰𝘯𝘤 𝘰𝘯 𝘱𝘦𝘶𝘵 𝘱𝘢𝘳𝘭𝘦𝘳 𝘱𝘭𝘶𝘴 𝘭𝘰𝘪𝘯… », poursuit-il en remerciant ceux qui sont venus, qui ont écouté, ceux qui ont fait la sourde oreille et ceux qui l’ont insulté copieusement.

Pendant ce temps, immuable, bonze sonore et « Houellebecquien », Sam tire des notes profondes (et jaunes) de son xylophone.

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« NO GENDER 2 », happening artistique à l’Espace IROKO, vendredi 5 novembre à 20h, Ouagadougou.
RC (ZO mag’)
Photos: 11 arbres

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