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Zimbabwe / peinture / Epheas Maposa / LA DIVINE TRAGEDIE

Qu’une épidémie, la plus terrible, tombe sur une ville et vous trouverez dans les rues des gens qui dansent et qui grimacent. Il ne reste que quelques heures à vivre, mais les orchestres jouent des musiques pleines de couleurs. Peu importe l’issue, on boit, on se bécote, et la Mort passe entre les tables, sa face fendue d’un grand sourire. C’est un peu de cette manière que la dernière exposition d’Epheas Maposa fonctionne. Une burlesque et tragique comédie, un carnaval sinistre et follement coloré, comme le sont les carnavals flamands d’Ensor. Ou les explosions du Vésuve… Dansons sous le volcan: la cité sera bientôt engloutie.

…dans la convulsion des visages et la présence du reptile.

En 2019, alors que le jeune peintre expose à la FNB Joburg art fair, Candice Allison (curatrice) resitue le travail durant cette période assez déprimante que son pays traverse. « (Il) n’a jamais connu qu’un Zimbabwe fatigué, découragé d’attendre la pluie – comme le titre du livre du même nom, écrit en 1975 par Charles Mungoshi. Ces métaphores de la sécheresse et de la faim saisissent le malaise et la paralysie des nombreuses zones de conflits des pays en développement du monde entier – « attendant » les secours et l’abondance future, incrédule face aux promesses d’un changement qui ne viendra peut-être jamais. » La production du peintre est à cette image, dans la déformation, dans la convulsion des visages et la présence du reptile. Ce dernier est sans scrupule et il pénètre les zones les plus interdites.

Cette dernière exposition, que présente la galerie parisienne 31 Project, s’inscrit dans la même veine. Le monde ne connaît aucun apaisement. C’est un festin anthropophage, baigné de lumière beuglante, des roses indécents, des jaunes venimeux. Prêtez l’oreille, et vous entendrez la cloche du train, à l’image de « Railway Phantom (2021), la toile qui sert d’affiche à cet accrochage. Le rire y est permanent, alors même que les mâchoires se referment sur le bras du voyageur, mort-vivant et souriant, comme seule la mort nous fait sourire. De toutes nos dents !

Smiles of clay, Epheas Maposa,du 9 octobre au 13 novembre 2021, 31 PROJECT.
31 PROJECT | Galerie dédiée aux scènes africaines de l’art contemporain – Paris
Roger Calmé (ZO mag’)
Photos: DR et Copyright 31 PROJECT

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Repères :
Epheas Maposa est né en 1994, à Marondera (Zimbabwe). Autodidacte, il a commencé par peindre dans la rue avant de rejoindre le Village Unhu en 2013. Cette structure lui a permis de bénéficier d’un espace, d’un collectif et de faire évoluer sa pratique.
En 2014, il expose à la National gallery of Zimbabwe, ainsi qu’à la Delta Gallery. De 2017 à 2020, il a participé aux différentes éditions de la FNB Joburg art fair.
En 2019, il reçoit le deuxième prix Emerging painting pan African art prize.

Il vit et travaille à Harare

Expositions individuelles

2021 : Smiles of clay, 31 Project, Paris (France).      
1-54, Paris, 31 Project, Paris.
2020: Village Unhu, Investec Cape Town art fair (Afrique du sud).

Dernières expositions collectives :
2021 : Collective amnesia, Montague Contemporary, New York (USA).
2020 : Small, 31 Project, Paris.
    When you master yours and you can get out, Village Unhu, Harare (Zimbabwe).
​2019: We are here Pamasonga, 31 Project, Paris.    
Sanity is expensive, but madness is for free, Village Unhu, Harare.    
We move forward by looking back, Village Unhu, Harare.
2018: Wild Geese Exhibition, Harare.
CTAF Cape Town Art Fair, Cape Town (Afrique du Sud)
     Annual group, Village Unhu, Harare.

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