Expositions et évènements, Peinture
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Bénin / Burkina-Faso / Peinture BISO 2021 / Annick Dossa Bulczynski


La métamorphose n’est jamais une option fantaisiste. Elle procède d’une sorte d’obligation, inscrite au plus profond. Pour vivre et survivre, il faut changer certaines choses. L’homme ne se différencie pas vraiment. Seule sa carapace le distingue. Mais la question reste la même, qu’il soit d’ici ou d’ailleurs. S’adapter au temps et aux lieux, s’adapter et refuser ce qui doit l’être.

Un environnement apaisé, débarrassé des partis-pris. De qui est cet enfant ? Il est de ce monde!

Annick Dossa Bulczynski a beaucoup réfléchi sur cette question de l’adaptation. En 2012, elle a choisi le sud, entre le Bénin et le Burkina-Faso, pour installer son travail. L’immobilité ne lui ressemble pas et cette inscription africaine en dit suffisamment sur son choix.

L’exposition collective dans laquelle elle présente son travail parle d’ailleurs de ça. Que l’on y prenne garde, et l’immobilité nous sera fatale. Par la tôle oxydée, les pièces de tissu, et divers autres éléments de couleur, elle figure cette urgence à changer les vieux repères. Dans l’incapacité de le faire, des civilisations ont disparu. Archaïsmes ou modernités, peu importe. Qu’ils soient d’ici ou d’ailleurs, des hommes, des femmes ouvrent de grands yeux, prisonniers derrière des barreaux, des murs, d’obscures certitudes. Si elle ne désigne pas le lieu, si elle ne montre pas le coupable, il reste à comprendre que nous sommes individuellement porteurs d’obscurité. Et dans cette absence de perspectives et d’espaces, aucun d’entre nous ne peut survivre.

Il y a le sens, mais aussi une peinture grave, dans une proximité permanente des visages, sociale, parce que nous sommes les acteurs collectifs de cette dramaturgie. Des visages limpides. Et c’est là certainement, dans cette clarté que l’on ira chercher la raison d’espérer. Certains tableaux comme « les Damnés » ou « Oyeku » nous parlent de l’enfermement… alors que le restant des oeuvres laisse supposer les issues. « De qui est cet enfant ? », dit-elle un peu plus loin, et l’on peut le traduire ainsi: de qui est ce monde que nous faisons ?

« Aganman », Espace IROKO, du 10 octobre au 25 octobre, BISO off 2021, Ouagadougou.
Avec Sambo Boly, Agnès Talato Tebda et André Kané

RC (ZO mag’)
Photos: Isabelle Annick Dossa Bulczynski
Contact: https://www.facebook.com/isabelle.bulczynski1

Repères :
Isabelle Bulczynski Dossa est Franco-béninoise. Elle a fait ses études d’arts appliqués à Lyon (France) et à l’École des Beaux-Arts de Clermont-Ferrand, en parallèle à une formation aux métiers d’Art et de la communication (Volvic). Elle a également suivi une formation en art-thérapie, puis de médiateur artistique) à l’I.N.E.C.A.T (Institut National d’ Expression, de Création d’Art et Transformation, Paris).
Fondatrice et Présidente de l’Association GAIA FASO (Groupement Alternatif d’Initiatives Artistiques), elle vit, enseigne et travaille au Burkina-Faso depuis 2012.

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