Mozambique / Sculpture / Mudungaze Dinguiraye (2), une série…NOUS NE VOULONS PAS, NOUS NE VOULONS PLUS, NOUS N’AVONS JAMAIS VOULU!

Dans un précédent épisode… Parfois, la sculpture de Mudungaze Dinguiraye fait penser à une sitcom sociétale. L’artiste le laisse entendre aussi, quand il dit « représenter le monde qui l’entoure, ce qu'(il) peut voir en regardant par la fenêtre ou en écoutant les voisins. » La série s’appelle ici « Remedio da lua »… (la médecine de la lune). Mudungaze Dinguiraye met en scène plusieurs familles mozambicaines. Elles ont pour noms Mondlane, Matusse, Mandlate…

A l’image de la société, nous sommes des êtres composites. Fragments assemblés, d’époques, de croyances, de fragilités résiduelles…

« M » pour seul dénominateur commun. En fait, tout les oppose et les distingue. Dans le choix des matériaux récupérés, Dinguiraye traduit aussi la galère du quotidien. Certains sont en métal noble, du cuivre astiqué, du cristal horloger, et d’autres… ont pas mal de difficultés à trouver un morceau de pain. Mais ce n’est pas le propos de cette série. La « médecine de la Lune » parle de nos croyances, de nos enracinements, de nos illusions lumineuses et obscures, de notre réticence au futur. Et là, nous sommes bien tous les mêmes.

« Tu peux pas savoir les difficultés qu’ils ont. Mais ils prennent le médicament de la Lune. C’est une habitude ancestrale… » Mudungaze Dinguiraye


D’une manière assez sarcastique, Mudungaze Dinguiraye a donc choisi d’illustrer cette habitude du médicament traditionnel. « Tout le monde le prend pour prévenir les maladies infantiles. Mais on ne veut pas que ça se sache. C’est donc par ce moyen que je connecte toutes les familles. . La famille Matusse est la famille la plus pauvre représentée dans l’exposition avec des blacks à part entière (Masques). Tu peux pas savoir les difficultés qu’ils ont. Mais ils prennent le médicament de le Lune. C’est une habitude ancestrale de donner ce médicament traditionnel à la naissance du bébé. On referme les portes et les volets et on continue de faire comme on a toujours fait.« 


Cette série est non seulement une réussite plastique, mais elle s’attache aussi à ce fait ordinaire et qui traduit les vitesses d’adaptations et de fonctionnement, les contradictions du système, de ce qu’on nous propose (de gré ou de force) et de ce que nous décidons. Résistance organique, ressort qui refuse de se détendre, ouverture du sas impossible. Nous ne voulons pas, nous ne voulons plus, nous n’avons d’ailleurs jamais voulu.

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RC (ZO mag’)
Photos: Mudungaze Dinguiraye
Contact: https://www.facebook.com/heldermanhike

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