Pays-Bas / peinture / Annika Lochtman / CES CHOSES ARRIVENT ET CETTE COULEUR AUSSI

Certainement un problème de sommeil. Dans des conditions pareilles, il ne vient pas facilement. On reste ainsi des heures, dans une démangeaison verte et bleue. Entre les draps et les murs qui grattent. Regardez ces yeux, qui ne dorment pas, bouffis de sommeil et de désir, de honte et d’envie… Annita Lochtman le fait très bien. Elle remonte une jupe et c’est tellement… expressionniste ? C’est cela même, expressionniste !

Nuages bleus, encre et acrylique (2021)

Mais pourquoi donc parler d’elle ? Elle n’est pas noire (rire). C’est vrai, elle n’est pas noire. Par contre, elle est peintre. Disons qu’elle n’a rien d’une fabricante de tableaux, payée au centimètre carré de couleur commerciale. Mais oui, comme ces types qui font des études de marketing et produisent ensuite la même toile à répétition, dans une couleur identique, avec des gens super heureux qui font des bonds en l’air. Les grandes foires s’en servent comme emballage cadeau. Aujourd’hui, c’est Annika Lochtman. Et on n’est pas du tout dans ce registre.

Ce que la terre contient d’élans vitaux, de formes diverses et variées, cylindriques et turgescentes, avec des chapeaux roses et des doigts humides.

Prendre les choses dans l’ordre? Justement, il n’y a pas d’ordre, aucune discipline et aucun garde-à-vous. Elle est Hollandaise disons, et cette terre nous a donné d’immenses bonheurs. Comme les mangeurs de pommes de terre (Van Gogh), les tableaux d’Ensor et ceux considérables de Permeke. Une peinture qui sent la terre. Et ce que la terre contient d’élans vitaux, en formes diverses et variées, cylindriques et turgescentes, avec des chapeaux roses et des doigts très humides. Des doigts expressionnistes !

Et puis il y a cette couleur et la rapidité de l’aplat, l’urgence de celui-ci, aller très vite dans l’essentiel, qui fait murmurer un vert toxique, comme si la pourriture commençait à venir sur la beauté de ce fruit, et que cette dégradation était aussi belle que le fruit lui-même. Une orange de Matisse, sur laquelle un nuage d’uranium s’arrête et pisse une averse. Ca coule et déjà la toxicité fleurit comme une branche de mimosas.

Anika Lochtman est née en 1973. Après avoir suivi des études de droit, elle a tout laissé tomber pour la peinture. C’est un peu plus tard qu’elle rencontre Toussaint Essers. Il est son professeur et puis son compagnon. Il y a quelques jours, elle a fait une photo de lui, très belle. De profil, il regarde une tache jaune comme le sont les aplats de De Kooning. La peinture.

Annika Lochtman pourrait être dans une grande galerie et elle s’en fout… Pour le moment son nom est dans des expos collectives. Elle montre des choses à Berlin, à Amsterdam, alternatives… et expressionnistes. Une peinture libre, qui vomit la tiédeur. Une peinture avec des jupes remontées et des petits bouts de seins roses. Des garçons qui marchent au pas, dans des parades militaires, ridicules petits fantoches. Ce n’est plus laid ou beau, ce n’est plus blanc ou noir, c’est de la vraie peinture qui dit, avec les mots honnêtes ce que les honnêtes gens détestent, justement.

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RC (ZO mag’)
Photos: Annika Lochtman
Contact: https://www.facebook.com/people/Annika-Lochtman/100006713227133/

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