USA / Plasticienne /Maren Hassinger / LA PEINTURE SERA COMMERCIALE ET VIABLE

Les performances et installations de Maren Hassinger traversent un demi-siècle d’art et d’activisme. Militante ? Performer ? Plasticienne ? Vidéaste et metteuse en scène ? Pourquoi choisir et affaiblir ? Depuis le départ, elle a adopté le maniement pluriel des armes. De cette façon, elle réaffirme sans répit la place de la communauté black dans l’espace US, privé et public, son rôle et le changement nécessaire des ampoules.

Récupération possible et recyclage vertueux, à vocation éducative.


Dans son travail, Maren Hassinger consacre aux objets une réflexion centrale. Effectivement, on peut voir dans celui-ci un facilitateur d’espace, un prolongement émotionnel et pratique de l’individu, mais aussi une entrave ou une liberté chèrement acquise, voire imposée. Tout cela va se traduire dans le médium et le support utilisés. D’un côté, le filin d’acier (récupéré dans un dépotoir de Los Angeles en 1970) et de l’autre le papier journal (exposé en juin à la galerie Susan Inglet (*)) qu’elle tresse et qu’elle tisse, de la même façon qu’elle le fait pour la fibre végétale, les branchages et le tissu. Connexions permanentes de l’oeuvre et du milieu émotionnel ou politique.

« Je suis vraiment désolée que les étudiants en art aient la pression pour devoir se vendre en réalisant des produits viables commercialement. C’est une attitude complètement anticréative… » M. Hassinger

Jusqu’ici, Maren Hassinger engage des conversations souvent problématiques. C’est dire le changement de registre que suggère « Nous sommes tous des navires ». L’engagement militant prend ici un aspect plus « compatissant » (sic). Comme elle l’explique dans une interview à Contemporary And (C&), le papier journal suggère une idée de partage, de connaissance et de rapprochement à la réalité, que les médias informatiques ont tendance à oublier. Elle est donc revenue sur ce travail de 2010, intitulé « Sit Upons », qui utilise les couvertures d’un célèbre hebdomadaire :

Une certaine idée du papier, de sa responsabilité et du rôle qu’il peut tenir. Information.

« J’utilise le New York Times, parce qu’il est un journal de référence aux États-Unis. Il contient toutes nos histoires, nos vies, nos tragédies et nos joies ! L’utilisation de journaux m’a menée vers une vision plus compatissante de notre monde et je suis éternellement reconnaissante à ceux qui travaillent dur pour nous faire partager ces vérités, » explique-t-elle. Dans un monde ultra-connecté et paradoxalement moins éduqué, moins concerné, qui isole les individus et leur sert une information parfois discutable, économiquement dépendante, le journal aurait-il une place à reprendre? Le journal… et l’art de la même façon. Une pratique responsable, suggère-t-elle, et qui ne serait plus tributaire de la nécessité économique.

Années 70, premières collaborations avec Senga Nengudi

« Je suis vraiment désolée que les étudiants en art aient la pression pour devoir se vendre en réalisant des produits viables commercialement. C’est une attitude complètement anticréative, inadaptée à tout type d’éducation. Nous ne vivons pas pour gagner de l’argent. » défend la plasticienne. Aucune nostalgie des années 70, mais une critique argumentée au consumérisme actuel, qu’il s’agisse de l’art ou des rayons des grandes surfaces.

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A lire: https://contemporaryand.com/fr/magazines/maren-hassinger-we-are-not-alive-to-make-money/
Susan Inglet Gallery (Chelsea New-York), avril/juin 2021.

https://www.inglettgallery.com/exhibitions/maren-hassinger-we-are-all-vessels

RC (ZO mag’)
Photo: M. Hassinger et Susan Inglet Gallery

Repères:
Maren Louise Jenkins est née à Los Angeles (Californie) en 1947. Sa mère était policière (et éducatrice), son père architecte. Elle a obtenu un baccalauréat en arts (sculpture, 1969). Une pratique à laquelle elle cherche très tôt à associer la danse, pour laquelle elle a montré un grand intérêt depuis l’enfance.
Elle se marie à Peter Hassinger, écrivain, en 1970. Le couple retourne à Los Angeles (1970) où Maren obtient une maîtrise en beaux-arts (fibre textile, 1973).

Maren Hassinger commence ses expérimentations dans une décharge de Los Angeles au début des années 1970. Des câbles métalliques industriels seront à l’origine de ses premiers travaux.
A cette période, Hassinger débute sa collaboration avec la sculpteure Senga Nengudi (*).

(*) USA / Exposition / Senga Nengudi / LE VENTRE DE L’ARAIGNEE | ZO mag’ (zoes.fr)

2 commentaires sur “USA / Plasticienne /Maren Hassinger / LA PEINTURE SERA COMMERCIALE ET VIABLE

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  1. « Je suis vraiment désolée que les étudiants en art aient la pression pour devoir se vendre en réalisant des produits viables commercialement. C’est une attitude complètement anticréative, inadaptée à tout type d’éducation. Nous ne vivons pas pour gagner de l’argent….  » Et comme madame Hassenger a raison de le préciser !

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    1. oui, Louise c’est très exactement ce qui se passe. Avec le temps, vous verrez entre les galeries, une « concordance de temps » à ce point évidente, qu’on ne sait plus qui fait quoi. Y’a un problème! Bonne journée à vous,
      la rédaction

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