Expositions et évènements
Laisser un commentaire

Maroc / exposition / Omar Mahfoudi / CE QUE LE VENT LIQUIDE TIENT DANS L’ENCRE ROSE

Paysages mouvants. Le désert ou l’océan ont une parenté liée au temps et à l’espace. Tous deux sont considérables et incertains. D’ailleurs leurs vocabulaires sont souvent les mêmes, et il arrive que des marins s’y égarent, dans l’un comme dans l’autre. Le peintre marocain Omar Mahfoudi a grandi dans cette double appartenance. On peut imaginer que le titre de sa récente expo au Cap Ferret (France), autre décor océanique, est un écho à cela. Mais pas seulement. « Waiting in Oasis » parle aussi de la lisière. La frontière du paysage, comme du sentiment, aussi floue que peut l’être l’immensité. Qu’il s’agisse de la couleur ou de la forme, dans cette figuration diluée qu’il choisit, Omar Mahfoudi promène ses pinceaux aux limites du décor. A un instant, la toile hésite. Doit-elle poursuivre dans ce sens ou revenir sur ses pas ? La lumière est d’un rose tendre, impossible et fragile, comme une calligraphie en mouvement, avant que le caractère n’immobilise la forme définitive. Que le liquide devienne une trace, une ombre, et que le vent l’assèche.

Dommage donc que cette exposition ait été aussi brève. Les occasions de voir ce peintre du Maghreb sont rares. Et l’intérêt est d’autant plus vif qu’il s’intéresse ici à la correspondance du paysage, un thème peu abordé en Afrique sub-saharienne. Le désert de Mahfoudi est un lieu transitoire, une déclinaison impossible, d’un romantisme futuriste. La chromie est sidérante dans son utilisation synthétique des teintes. Mais au delà du formel, il s’agit aussi d’une interrogation à la surface, d’une rencontre en mouvement. Quelque chose se passe à la surface du papier, un reflet, un écho, une image éphémère qui concerne autant la peinture que le peintre lui-même.

Ces couleurs ont-elles d’ailleurs un nom ? L’homme possède-t-il une identité arrêtée ? Le paysage peut-il se résumer dans une cartographie? Cette oasis serait-elle un mirage? Et l’homme qui s’y arrête, le rêve de lui-même.

,

« Waiting in the oasis », exposition terminée (14 au 18 août), Lège-Cap Ferret.
La galerie Afikaris représente l’artiste.
RC (ZO mag’)

Photos DR et by courtesy Afikaris
Pour toute information, contacter Michaëla Hadji-Minaglou (michaela@afikaris.com).
https://afikaris.com/

Laisser un commentaire