Côte d’Ivoire / Sculpture / Mamadou Ballo / C’EST AU COMMENCEMENT DE LA DANSE

Aucune machine n’est plus efficace que la fête. Elle rassemble, elle met en mouvement et en lumière, elle peut aller à l’envers, comme à l’endroit, le haut en bas, le noir en blanc. La fête roule sans limitation de vitesse et Mamadou Ballo l’associe en permanence à sa sculpture. Parce que la sculpture est une cousine directe. Toutes les deux sont faites de la même terre.


Il y a cinq ans, Mamadou est invité à la fête du septième jour. « C’est le moment où on donne le nom à l’enfant. C’est vraiment important. Quand c’est un garçon, il faut tuer deux béliers et pour une fille, une bête. Toute la journée, on va danser. Toute la journée, on se remue dans tous les sens. Et là… » Il a un grand geste qui englobe tout ce qui est autour de lui. Un geste rond et plein, comme l’est sa danseuse « Ayew » qu’il a travaillée à cette même époque. C’est une femme, comme Mamadou Ballo les remplit. Elle porte le pagne blanc, pailleté de raphia. On peut dire de sentiment et de lumière, de fertilité légère et de mouvements d’amour. « Je suis parti de ce moment, qui est un rassemblement. Un moment d’unicité, où les gens n’ont plus de disparité. Finies les embrouilles. on est là pour l’enfant.« 


La sculpture ne sépare pas. Elle est comme le corps, dans des assemblages qui recherchent l’harmonie. La dissonance participe à l’harmonie. Il en est ainsi du corps, il est ainsi de la danse qui est la peinture du corps, dans le mouvement mis en lumière.

Un moment, qui est un rassemblement. Un moment d’unicité, où les gens n’ont plus de disparité. Finies les embrouilles. on est là pour l’enfant. » Mamadou Ballo


Depuis 2016, Mamadou a réalisé quinze sculptures, relatives à ce instant du nom, qui associent les hommes et les animaux, la terre glaise, le plâtre et la couleur blanche. La série s’appelle « Dên kou li » (le rasage de la tête de l’enfant) et toutes les pièces sont baignées dans le kaolin. Des lézards joueurs, des sumos guillerets, une femme remarquable aussi qui habite du côté de Bassam, et puis cette blancheur, comme la caresse de la clarté, et un peu plus encore. Le blanc ? Puisque c’est une cérémonie, qui tire de la nuit le nom de l’enfant et l’amène à la scène des hommes, le temps d’une vie. Et on peut alors se souvenir que Mamadou est également peintre. « Le blanc est la couleur première, sur laquelle se réalise le tableau. » Il est la couleur dans laquelle les Anciens ont enveloppé l’enfant.

De danser, de partager, de manger et de souhaiter à l’enfant la bienvenue.


« D’où que nous soyons, nous avons tous cette coutume. C’est un moment tout à fait unique que celui où il prend un nom. Le rituel peut changer, mais c’est le même sens. De danser, de partager, de manger et de souhaiter à l’enfant la bienvenue.  » Mamadou Ballo n’a jamais été aussi près de la vérité. La danse, la beauté du corps et une porte ouverte sur la vie. C’est une belle journée qui commence, non ?

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« Dên kou li », Grandes cimaises d’Abidjan (Côte d’Ivoire).
RC (ZO mag’)
Photos: M. Ballo.

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