Photographie et numérique
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Afrique du sud / Photographie / Pieter Hugo / C’EST MARQUE EN TOUTES LETTRES

Ça fonctionne un peu de la même façon que de poser la main sur une plaque électrique. Les possibilités émotionnelles sont multiples. En 2015, la Fondation Cartier Bresson expose le travail de Pieter Hugo, photographe sud-africain. Ce sont des portraits, des paysages, des natures assez mortes, que traverse un objectif glacial et complice. Ça s’appelle « Kin », et ça n’a rien à voir avec la rumba zaïroise. Il s’agit d’un constat assez terrible sur une société totalement schizophrène, où l’on élève des hyènes albinos, où les hommes ont des allures de snipers préhistoriques, portés par des regards comme des coups de rasoir.

 » Un moment de calme et de connexion séparé de tout ce qui s’est passé avant ou après. »

Pieter Hugo disait alors: « Les questions raciales et identitaires pénètrent toutes les couches de la société, et les conséquences de la ségrégation forcée jettent une ombre indélébile. Comment peut-on vivre dans cette société ? Comment endosser la responsabilité́ de l’histoire passée et dans quelle mesure doit-on le faire ? Comment élever des enfants dans une société si conflictuelle ? Avant d’être marié et d’avoir des enfants ces questions ne me gênaient pas ; maintenant elles m’interpellent. Il y a environ 8 ans, j’ai commencé́ à̀ photographier autour de cette notion de terre natale (home), quel que soit son sens, d’un point de vue public et privé.  » Nécessité intime qui garde toujours les mêmes urgences. Cette impression dans l’image de poser le pied sur une mine, la seconde qui précède l’implosion. Ceci dit, il faut faire ce pas (ert cette photo aussi), parce qu’il convient d’avoir les yeux ouverts au moment où ça se passera.

« Comment endosser la responsabilité́ de l’histoire passée et dans quelle mesure doit-on le faire ? Comment élever des enfants dans une société si conflictuelle ? » Pieter Hugo

Si vous en avez la possibilité… Hugo expose durant l’été aux rencontres d’Arles. Ça s’appelle « Being present », et ça parle, au travers du portrait, de cette permanence des regards. Le portrait ? Parce qu’il participe de l’affection, d’un instant particulier où le cynisme disparaît. Des gens qu’il a croisés depuis 2000, qui fument une cigarette, qui font voir leur poitrine ouverte par le chirurgien, des gens qui viennent de remettre du rouge à lèvres… Des baraqués et des chétifs, des violents, des inquiets, à l’intersection des routes, sous la fumée d’une Grande Usine Contemporaine. Aucun effet, aucune dramatisation de la forme, de l’attitude.  » Un moment de calme et de connexion séparé de tout ce qui s’est passé avant ou après. »

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« Etre présent » jusqu’au 26 septembre 2021, Palais de l’Archevêché, Rencontres photographiques d’Arles.
RC (ZO mag’)
Photos Pieter Hugo, avec le soutien de la Stevenson Gallery, le Cap (Afrique du sud)

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