Sao Tomé / Peinture / René Tavares / L’HISTOIRE EST UN FRUIT MUR, COULEUR GRENADE

Les îles croisent les histoires, comme elles le font des routes maritimes. Tout est déplacement chez elles. Quand il parle de ses origines de peintre, René Taveres évoque toujours le Tchiloli, qui est une forme de danse et un théâtre importé par les Portugais au 16ème siècle. On y parle d’amour et de meurtre, de sentiments nobles et de pulsions terribles. Après tout, la toile comme le cinéma, n’a rien trouvé de mieux. Et le métissage de la culture se fait tout naturellement, dans ses tableaux baignés de lumière ou d’une obscurité tout aussi légendaire.


Pour sa cinquième année d’existence la galerie « This is not a white cube » se dédouble entre Luanda et Lisbonne pour présenter une trentaine de travaux datés de 2012 à 2021. La plupart n’ont encore jamais été montrés. « Dans mon œuvre, la forme, la couleur et l’écrit sont d’une importance primordiale. Chaque peinture est un amalgame d’impulsions qui me touchent et que je transforme en une perception personnelle, une forme définitive, un message personnel », explique René Tavarès, dont on a déjà vu en janvier dernier le travail à Paris, lors de la première édition de 1-54, associé à celui de Cristiano Mangovo.

Dans la transparence du visage et du désir européen, le bleu du ciel.


Ces tableaux, dessins et images photos, chevauchent donc les genres, figuratifs et passionnés, baignés de clartés immenses, insulaires pourrait-on dire, mais toujours dans cette proximité de l’homme et des dualités qui le partagent. Et on en revient donc au Tchiloli, comme à une chanson de geste, médiévale et dramatique.

« Mes toiles, monochromes ou colorées, minimales ou intenses, respirent la présence de Tchiloli. Elles renforcent le mariage entre deux continents totalement différents. Tous ces ingrédients forment le secret de mon travail et ouvrent un dialogue. Je pense qu’aujourd’hui, nous devons militer en faveur d’une harmonie entre les peuples et les cultures. », explique-t-il en prélude à l’actuelle présentation.


Les oeuvres exposées à Lisbonne, comme celles de Luanda, montrent en permanence ce déplacement. Ce sont des gens qui marchent dans des rues claires, des visages sans angoisse qui disent un nouveau séjour. L’endroit pourrait être Bruxelles ou un autre lieu d’Europe. Un drapeau bleu, constellé de petits cochons roses, claque au vent. L’humour est là, dans la même constance. Parce qu’il convient de voir les choses ainsi, à l’image de cette femme, sur une plage, qui ressemble à une peinture classique… et qui porte une bouée de sauvetage.


Tavares, avec intelligence, invite dans sa toile le rassemblement. C’est un repas visuel, une table dressée, pleine d’aliments colorés. La peinture est là: elle mange un fruit, et le jus solaire coule sur sa robe.

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« In memory, we trust ». Jusqu’au 17 juillet 2021. This is Not A White Cube (ce n’est pas un cube blanc), Lisbonne (Portugal) et Luanda (Angola).
Roger Calmé (ZO mag’)
Photos: DR et by courtesy  » This is Not A White Cube ».

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