Algérie / Exposition / Plasticienne/ Amina Zoubir / CE QU’IL ADVIENT DE CE CORPS

Un corps, le sien, celui de l’autre, est un territoire complexe. Il pourrait s’apparenter à une terre. Si l’on creuse un peu, des souvenirs apparaissent, des vestiges, des morceaux de temps, comme des brisures de poteries. En somme, il est comme un terrain que l’archéologue peut étudier, en observant avec attention, comment il s’est transformé, au fil du temps et des occupations successives. Un corps est une cité engloutie et resurgie. Dans ses murailles, dans ses chemins d’accès, plusieurs histoires se lisent.

(Reversed Exploration #2) avec Amina Zoubir, Hambourg, 04/02 au 04/05/2021.


Amina Zoubir est une archéologue. Son travail de plasticienne s’intéresse au corps de la femme. Et plus précisément à la façon dont cette enveloppe traverse le temps. Un corps de femme algérienne, tel qu’il est avant la colonisation, puis au travers de l’occupation arabe et française, la fonction qu’il prend, les images qu’il génère, l’utilisation qu’on en fait. C’est terrible un corps, ça retient tout, ça cicatrise forcément, mais ça garde sur sa peau les traces, l’altération, le traumatisme.


Depuis 2005, L’artiste algérienne ne cesse de proposer des travaux sur cette idée de la mémoire et de la confrontation des époques. Il y a eu notamment en 2013, cette série singulière qui s’appelle « Escape from the body » (présentée à l’Akaa et au Caire off). Dans une ville en chantier, dans l’assourdissante lumière du présent, la silhouette d’une femme vêtue de noir, une vestale sombre, possibilité du sacrifice (?). Mais aussi ses dessins et ses collages (Regards meurtris et Usage du faux), quelques années plus tôt, et qui sont déjà des superpositions, épaisseurs temporelles, collées et décollées d’un mur.

Telle que vous me voyez, ou bien que je me vois, hier encore et certainement demain, ou pas, cette image qui ne m’appartient plus tout à fait ?


L’exposition d’Hambourg au MARKK s’inscrit dans cette veine. La première phase de cette recherche est une plongée dans les archives du muséum. Amina Zoubir vient chercher dans la profondeur du substrat, sous une image habituelle, des représentations partielles, obsédantes, des ombres acérées. La femme algérienne est à chercher dans ce creux, comme un écho. Et cet écho ne s’éteint jamais, il se répercute dans les salles vides, il remplit les caves, les chambres sombres qui composent ce corps, le vôtre, le nôtre. Un corps pluriel. On l’entend qui marche.


Archéologie du corps colonisé, Exposition de l’artiste Amina Zoubir, du 28 avril jusqu’au 28 juillet 2021, MARKK Musée, Hambourg (Allemagne)
RC (ZO mag’)
Photos: DR et © Amina ZOUBIR, 2004-2020.
https://markk-hamburg.de/veranstaltungen/artist-talk-mit-amina-zoubir/

Repères
Amina Zoubir vit et travaille entre Paris (France) et Alger (Algérie). Elle est artiste plasticienne, réalisatrice et commissaire d’exposition d’art vidéo. Diplômée d’un Master en Théorie et pratique de l’art contemporain et des nouveaux médias (Université Paris 8 (2009), elle a également obtenu un diplôme d’études supérieures artistiques (DESA) à l’Ecole Supérieure des Beaux-Arts d’Alger (2006). Ses vidéos et photographies s’intéressent au langage du corps et sa projection dans l’espace urbain.

Dernières expos individuelles
2021: Archéologie du corps colonisé, MARKK Musée, Hambourg (Allemagne)
2020: Prise de position sur les reines berbères, Sodertalje Konsthall, Stockholm (Suède)
2020 : Les figures oubliées, Rikstolvan Art Center, 2020, Simrishamn (Suède).
2013: Programmation vidéo Prends ta place / Un été à Alger, Cinémathèque de Tanger (Maroc).
2012: Psychedelic women : the middle Eastern body languages, PasaJist Gallery, Istanbul, (Turquie).

Prix et récompenses
Prix « Un été à Alger Prend ta place / Mention spéciale
le Palmarès du Prix Varenne Web&Doc FIGRA 2013 (France).

Foires
2020: 1:54 Marrakech, Foire d’Art Contemporain, Galerie Primo Marella, Marrakech (Maroc).
2018: ARTISSIMA, Foire d’Art Contemporain, Galerie Primo Marella, Turin (Italie).
2017: AKAA, Also Known As Africa, Galerie Smith, Carreau du Temple, Paris (France).
2016 : AKAA, Galerie Regard Sud, Lyon, Carreau du Temple, Paris (France).

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