Expositions et évènements
Laisser un commentaire

Cap-Vert / exposition / Tchalê Figueira / BAS LES CASQUES!

Dans une galerie de portraits, tout est possible. La vie est libre de se faire le visage qu’elle veut. Rimmel ou ripolin! Un instant elle crie, sa bouche est toute tordue. Le moment d’après, elle tombe amoureuse, ou bien elle mange un petit poisson. Et elle sourit. Le peintre est là; le portrait vient au bout de ses doigts, comme un texte en raccourci. Un petit air de musique, une allégorie. Ce matin, Tchalê Figueira raconte avoir croisé un marin. Songeur, embrumé, assis sur un banc, devant son bateau qui s’éloigne.


Quelle figure est la nôtre, dans ces instants de la comédie ? Posez la question au Cap-verdien, et il éclate de rire. Quelle trogne ferons-nous? Porteuse de rêve, de crime, d’action ou de sommeil? quelle face de lune, quelle figure de cire ? et le regard? Puisque ce sont les fenêtres de l’âme, à quoi doit-on s’attendre ? La vie est une profusion d’hypothèses et de possibles fictions. Le portrait en porte le témoignage, et la galerie s’ouvre à l’infini.


Dans une très belle introduction à l’exposition du centre culturel de Mindelo, Antonio Tavarès (coordinateur) parle justement de la liberté retrouvée. Dans une société qui inflige le déni, qui force à l’anonymat et à l’invisibilité, le portrait est au contraire une preuve identitaire. C’est ici que le bonhomme s’affirme! On peut alors s’attendre à tout. Le pire et le meilleur. Parce que nous portons en nous ces possibles marques, du paroxysme, de la monstrueuse grimace ou de la compromission. Et si ça n’est pas visible, c’est là, derrière le masque. Il suffit d’un rien pour que ça se devine!


« Allégorie du portrait », Tchalê Figueira, à partir du 16 juin, Centro cultural do Mindelo.
RC (ZO mag’)
Photos: Centro cultural do Mindelo.

Laisser un commentaire