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Allemagne / Résidence / Dekoloniale de Berlin / CE QUE LES YEUX ONT VU ET CE QUE LA MEMOIRE RETIENT…

Première résidence de ce type, Berlin accueille en août trois artistes africaines, engagées dans l’observation du passé colonial et la survivance des clichés qui continuent d’impacter les rapports. Plus de 70 projets avaient été présentés et le jury a finalement retenu trois femmes, Nnenna Onuoha, Dior Thiam, et Gladys Kalichini, dans la perspective d’une présentation commune, qui sera élaborée entre août et octobre prochains. Le choix de Berlin n’est bien sûr pas anodin. Pour mémoire, c’est en 1896 que s’ouvrait la première Exposition coloniale. Dans ce cadre, la ville présentait au public un zoo humain (Völkerschau) qui exhibait des Africains, originaires des territoires occupés.

Les trois femmes ont des parcours convergents et pluriels. Nnenna Onuoha (Nigeria) est vidéaste et cinéaste. Son projet est celui d’un film mettant en scène l’actuel zoo de Tiergarten, vu comme un prolongement du regard colonial. Peintre berlinois, Dior Thiam s’intéresse à la fonction organique du sol de Treptower. De cette matière minérale et stratifiée, il entend faire remonter les traces profondes liées à l’histoire. Enfin, Gladys Kalichini travaille sur la juxtaposition des matières textiles, à savoir le brocart européen et les écorces africaines, tous deux porteurs de sens et de culture.

Ces trois approches de l’identité et de sa mémoire, mais aussi des développements générés, économiques et sociaux, doivent maintenant converger vers une présentation commune. Trois mois de travail débuteront ainsi début août.

1ère Résidence décoloniale Berlin (août à octobre 2021), avec Nnenna Onuoha, Dior Thiam, et Gladys Kalichini. En collaboration avec Contemporary&.RC (ZO mag’)Photo: Dekoloniale et Contemporary &https://www.dekoloniale.de/de

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