Photographie et numérique
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Maroc / Photographie / Déborah Benzaquen / J’AVAIS BESOIN DE LA LUMIERE ET DE LA MAGIE

Peut-être s’agit-il d’un film romantique, avec une jeune fille qui est assez solitaire, dans un immeuble de banlieue. Et c’est la même chose pour ce garçon, devant un drap qui fait décor, vêtu comme un fakir. Il est tout droit sorti d’une histoire baroque, une comédie stambouliote (quel mot !)… Les personnages de Déborah Benzaquen sont des sujets « égarés » et convaincants. Ils pourraient appartenir à des tas de genres différents. Ils sont à la croisée du destin. C’est incroyable tout de même cette envie de croire dans cette vie qu’on nous raconte. Les décors importent peu. La fin est écrite dans la clarté des yeux.


Photographe, née au Maroc (1973), installée un moment en France, partie pour New York, puis revenue à Casablanca… Deborah Benzaquen est une femme qui bouge, qui sort du cadre, qui rentre dans le décor, à pleine vitesse, extérieur nuit. Sa passion du cinéma participe pour beaucoup à ces déplacements permanents. Récemment, ses travaux s’appellent Genesis, Où sont mes rêves? (2019), En un instante, Marruecos (2018), Berberliner, la désenchantée (2012)… Ils parlent de ça: de l’instant fragile et de la représentation nécessaire. C’est plus facile ainsi ? Pas sûr, mais ça tient debout.

« Comment accepter de vieillir alors que l’on n’a pas grandi? (…) Une transe, une danse libre de jugement (…). Bercée par la houle d’un océan mélancolique en perpétuel mouvement. »


Que ce soit du rêve, que ce soit de la comédie, que ce soit un match de foot ou une piscine l’hiver , un instant la conviction d’être. Il y a une photo très belle, dans cette série intitulée « Dancers in the Dark ». Pas sûr, mais on peut penser à une salle de boxe. L’entraîneur est devant, il parle en regardant ses pieds. La salle est comme prise dans le brouillard. Au fond un sac pend, une carcasse noire et floue, pour des boxeurs en quête. On veut tous y croire, n’est-ce pas?


Déborah écrit dans un bout de texte:  » Envie d’arrêter le temps. Comment accepter de vieillir alors que l’on n’a pas grandi? (…) Une transe, une danse libre de jugement, libre de tourment. Bercée par la houle d’un océan mélancolique en perpétuel mouvement. Une mise à nu. Un rêve fou de jeunesse éternelle. » Rien que ça!


Roger Calmé (ZO mag’)
Photos: DR et Déborah Benzaquen
http://www.deborahbenzaquen.com/dancers-in-the-dark
A voir Berberliner sur: https://www.gadcollection.com/fr/74-deborah-benzaquen

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