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Grande-Bretagne / Exposition / We Find what we seek / DEUX BILLETS POUR IBIZA ?

La réalité se construit sur des lieux communs. Une phrase à prendre au premier degré quand on entre dans l’exposition « We find what we seek », proposée par Kensu Oteng. Traduction immédiate: « on trouve ce qu’on cherche ». Effectivement, pas moyen d’y échapper. Les « lieux communs » sont des endroits que nous fréquentons tous, avec des différences bien sûr, liées à notre appartenance culturelle, linguistique, notre genre parfois et notre couleur. Le lieu commun, c’est du concentré de réalité en somme. Une plage en Afrique du sud s’exprime différemment que le sable d’Ibiza ou celui de la côte Atlantique française. Nous ne mangeons pas les mêmes glaces, mais c’est là que nous allons prendre nos vacances!

Images instantanées, réelles ou fantasmées pour une « participation collective à la réalité« 


Quatre plasticiens d’Afrique de l’ouest (Ben Agbee, James Mishio, Theophilus Tetteh et Jimas Ametonou) l’ont donc rejoint dans cette exploration sociétale. Ils se sont intéressés à quatre catégories d’occupation, qui ouvrent un aperçu très fidèle de notre comportement. Il s’agit du travail, de la famille, des loisirs et du divertissement. Dans des scènes diverses, chacun de ces artistes positionne l’individu et met en lumière l’une ou l’autre de ses particularités. C’est un dimanche après-midi. La femme est assise sur une bouée gonflable, elle a cinquante ans et le soleil l’éblouit.


« Au travers du travail, des obligations envers notre famille, la nécessité du loisir et la libération cathartique du divertissement, on peut envisager de manière réaliste notre participation collective à la réalité, » explique le commissaire d’exposition. Cet instantané (la femme sur la bouée) nous en dit beaucoup sur une certaine représentation de la société africaine du moment, dans son quotidien (le gâteau d’anniversaire) ou dans ses fantasmes (la femme sur la bouée). Clic-clac. Le sujet regarde vers l’objectif et le peintre saisit cet instant d’histoire ordinaire.

Travail, famille et loisirs, de ce côté-ci du ghetto, de la banlieue résidentielle, du campement nomade…


En introduction de l’expo, Kensu Oteng a choisi de mettre en exergue une phrase de l’anthropologue Cheikh Anta Diop:  » Il n’y a pas de spéculations fructueuses en dehors de la réalité. » Nous sommes effectivement les rejetons de cette histoire. De ces comportements dépend notre connectivité au milieu. Pour le dire plus clairement, nous avons adopté cette réalité qui nous assure un bonheur assez accessible, moralement défendable, anonyme, bien-pensant et bien pensé, économiquement rentable, avec remboursement possible sur présentation du coupon détachable.

Kensu Oteng nous présente un miroir assez impitoyable, conforme au désir général. Un lieu commun dans lequel la peinture, finalement, est bien le seul acte libre.


Roger Calmé (ZO mag’)
Photos DR et Coningsby Gallery
« We Find What We Seek », exposition collective, du 25 mai 2021 au 5 juin 2021, Coningsby Gallery (Londres)
https://www.kensuoteng.com/exhibition

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