Le paysage… / Koffi Kugbe et Zié Jean-Laurent Koné / CECI N’EST PAS UN PAYSAGE

Le paysage? Poser la question à Koffi Kugbe, c’est ouvrir une boîte et en même temps que cette boîte faire rentrer mille fois le vent, la lumière et le sens. Le paysage ? Existe-t-il vraiment? « Nous formons un « tout », avec ce qui nous entoure suggère-t-il. Cet ensemble participe de l’harmonie générale, qui nous place dans ce monde, dans ce cosmos, dans cet « Être » absolu » et considérable qui est la Création, poursuit-il. Le paysage participe donc d’autre chose que d’un lieu, aussi beau soit-il. 

Le lieu est parfois imaginaire, il vient d’un temps qui n’existe pas, Renaissance italienne perdue dans un terre Yoruba

 » Le paysage comme milieu environnant n’est ni vide, ni inerte, ni une zone exclusivement extérieure à l’être vivant. Le « paysage » est en nous et autour de nous. Nous y baignons, en faisons partie, et il fait partie de nous. » Et c’est cette harmonie qu’il représente. Les hommes sont là, mais sont-ils finalement des hommes ? Parce qu’en plongeant au plus profond de cet environnement, comme Kugbe le dessine et le remplit de clarté, l’homme n’apparait pas vraiment distinct du reste. Il n’y aurait plus de paysage, plus d’homme non plus. Et notre vision de tout ça, ne rimerait plus à grand-chose. Et de lui poser la question: qui sommes-nous pour penser que le paysage ressemble à ce que nous voyons? Ou que nous nous le pensions en un lieu, à des années-lumière de l’endroit où il se trouve… Parfois Kugbe peint ainsi des paysages russes. Le sait-il ?

Un endroit, habité par les hommes, mais pas seulement.

La peinture est fantastique, parce qu’elle rend l’idée possible et palpable. En somme une représentation éphémère et fantastique de nous et de notre croyance. Il y a quelques semaines, le peintre ivoirien Zié Jean-Laurent Koné écrit dans un courrier: « tu me demandes pourquoi le paysage est absent de notre peinture? Je ne sais pas. Parce que je ne le vois pas comme ça, le paysage. Les Occidentaux en font un endroit: il est là, il a une forme, et on l’interprète. Les Africains ne le voient pas ainsi. Le paysage est un endroit habité. Par les hommes, mais pas seulement. Alors nous peignons peut-être ce qui est à l’intérieur. C’est le paysage sous sa forme spirituelle que nous figurons. » Il est fort possible que dans cette figuration, l’homme et l’air soient faits d’une identique matière. D’ailleurs certains peintres travaillent à cette dissolution. Le corps ne pose plus de frontière avec le fond, il se mélange à la lumière, il est l’eau, constitué d’un même rayonnement. Koffi Kugbe avance dans cette direction, depuis une vingtaine d’années.

Le prix à payer si tu veux entrer dans le paysage!

Voilà une piste, camarade, qui se dessine dans l’herbe haute. Il faut suivre son fil en direction du soleil qui ne se couche pas, qui refuse même carrément de se coucher, tant que tu ne lui auras pas raconté d’histoire. C’est le prix à payer si tu veux entrer dans le paysage!

Roger Calmé (ZO mag’)
Tableaux de Koffi Kugbe: 


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