Burkina Faso / Peintures / Saïdou Dicko / DES HUMAINS QUI CHERCHENT UN POINT D’EAU

Il reste toujours auprès de ses bêtes. Il joue avec une brindille dans la poussière et le sable. Sa main dessine. Saïdou Dicko ne s’est jamais éloigné de cette parcelle, sous ce ciel immense, faite d’ombres, de lumières et de mouvements. Les uns et les autres participent à la fragile éternité qui est la nôtre. Peuhls, humains, chèvres, dessins éphémères entre ses pieds, dans l’ombre de son corps.

L’imaginaire de mon enfance, directement enraciné dans la tradition peule, est la genèse de mon travail et le vaisseau mère de mon inspiration. Saïdou Dicko

« J’ai commencé à faire de l’art à 4 ans, quand j’étais berger. J’étais fasciné par l’imaginaire. Je dessinais les contours des animaux, de l’eau et des buissons. J’ai commencé par faire des graffitis sur les murs de mon village, » raconte-il dans une interview à la galerie Afikaris. Toute son œuvre, que ce soit le dessin, la photo ou la peinture, sont une incessante réflexion sur ce thème. Qu’il s’agisse de broderie, de photomontage ou de dessin, son travail recompose inlassable la réalité immédiate. Ça peut être un mur, un bidon, une jarre remplie d’eau. Une voiture passe et les couleurs sont celles de l’imaginaire. La lumière jaillit d’un rêve ancien et très moderne à la fois. La création est « le Lien » qui unit l’homme à son origine et à sa quête d’avenir.


«  La culture peule fait partie de mon identité. Tout ce que j’ai appris, tant sur le plan social qu’artistique, vient de cette culture. L’imaginaire de mon enfance, directement enraciné dans la tradition peule, est la genèse de mon travail et le vaisseau mère de mon inspiration. Pendant un moment de ma vie, ma famille et moi avons été nomades. », expliquait-il, en 2018, au moment de présenter « Shadowed people ». Le déplacement perpétuel place au centre de sa relation au monde le lien. Parce qu’il est dans l’éternel déplacement, celui qui ne pose aucune limite, parce qu’il représente une autre humanité, cet humain place aussi au centre la nécessité du dialogue.


Ce n’est donc pas un hasard si cette exposition, « la Poèsie du lien » l’invite jusque la mi-avril. Saïdou Dicko avait à l’esprit cette récurrente distanciation que la situation impose et que la société contemporaine ne cesse de renforcer. Dialogue encore, dans ce voisinage avec Hyacinthe Ouattara, autre tisseur de lien, autre noueur d’imaginaire, qui partage la même affiche. C’est assez rare d’ailleurs de voir deux créateurs présenter ensemble une oeuvre, conçue dans la perspective de l’exposition. Deux artistes, une toile, l’envie d’échanger sur l’essentiel quelques mots, quelques couleurs.


«La poésie du lien», du 27 mars au 12 mai, Galerie Afikaris. En duo avec Hyacinthe Ouattara
https://afikaris.com/pages/la-poesie-du-lien
RC (ZO mag’)
Photos: DR, remerciements à Afrikaris.


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