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Marché de l’art / Marianne Hoet / Amoako Boafo / LA MACHINE FAIT LE BOULOT

« Des galeries, des marchands, des foires, dignes et intègres », en appelait Hicham Daoudi, curateur marocain, interrogé sur l’avenir de l’art africain. Il y a quelques mois, Amoako Boafa a véritablement explosé sur les catalogues. D’abord, il y a son art, dans une mouvance pop expressionniste (?), qui met beaucoup de couleurs et de certitudes positives. Ensuite, coup de pouce non négligeable, Kim Jones qui a en charge le département hommes chez Dior a véritablement craqué. Le directeur artistique va puiser son inspiration dans la peinture de Boafa.

Les couleurs, les motifs, les matières et même les positions des personnages de Boafo seront utilisés dans la collection été de Jones. « Quand j’ai découvert un portrait de Boafo représentant un homme vêtu d’une chemise ornée d’un imprimé lierre, je n’ai pas hésité une seconde: je devais en faire quelque chose! » Bingo ! La machine est remplie, les petites cerises s’alignent.

Quelques mois plus tard, Marianne Hoet, spécialiste de l’art moderne et contemporain à la maison de vente Phillips, propose les dernières toiles de l’artiste ghanéen. La peinture est à peine sèche et les prix s’envolent. « Ses portraits regorgent de références à l’histoire de l’art. Les musées, les collectionneurs et les instituts l’ont très vite repéré », justifie-t-elle dans les interviews. Estimée en 45 et 60 000 dollars, l’œuvre est attribuée à… 881 500 $. Jackpot.

« Nous travaillons avec un logiciel qui scanne toutes les publications pour repérer les noms des artistes. » Mme Hoet

L’artiste explique à ce moment là que son ambition n’est plus d’être dans une galerie, trop éphémère, mais d’entrée dans les musées. Quant à Marianne Hoet, elle explique que cette découverte n’a rien d’un hasard : « En tant que maison de vente, nous sommes connus pour repérer rapidement les tendances sur le marché de l’art », explique-t-elle, avant d’ajouter : «  Nous travaillons avec un logiciel qui scanne toutes les publications pour repérer les noms des artistes. Nous avions déjà repéré Boafo, mais je ne sais pas si nous étions au courant de la collaboration avec Dior ». Comme le disait avec beaucoup de justesse, ce curateur marocain : Dignes et intègres !

Roger Calmé (ZO mag’)
Photos DR

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