Sculpture et installations
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Togo / Plasticien / Ferdinand Makouvia / ELLE TIENT DANS UNE MAIN

Selon les époques, les constructions sont de hauteurs et de matériaux différents. La pierre, le verre, le métal ont permis d’atteindre un nombre important d’étages. Mais il doit manquer quelque chose. Sur le sol, dans la lumière crue de l’ampoule, souvent il ne reste qu’une ossature. Nous ne qualifieront pas. L’ombre en est absente.

Quelques plasticiens africains l’ont d’ailleurs compris. Une possibilité existe, mais elle habite l’envers des choses. L’espace est un fluide. Le mouvement ne s’interrompt plus, la forme a cessé d’être arrêtée. Il s’agit à présent d’un lieu vertical et horizontal à la fois, que les chiffres ne contraignent pas. Sa limite n’est pas une ligne, mais un état d’âme. Elle plonge dans le sous-sol dépourvu de richesses ordinaires, ses réseaux capillaires, ses conduites à sens multiples, courants hautement alternatifs. On s’interroge, on pense à l’étrange ? Mais le mot ne convient pas. Il s’agirait plutôt d’un déplacement du sens. Quelques bruissements l’accompagnent. La porte s’ouvre et se referme, comme le battement d’une aile.

Ferdinand Makouvia en a dessiné et réalisé les machineries hautement poétiques. L’endroit s’appelle « mangrove ». Aucune carte n’en permet l’accès, c’est au-delà des ténèbre ;s et si proche à la fois que la main peut l’atteindre. Sa dernière œuvre porte le nom de « fils rouges ». Elle est née de cette même rencontre des éléments, l’eau, la terre, la lumière descendue de la canopée. Ne cherchez pas à comprendre la loi physique qui l’anime. « Fils rouges » évoque ces liens qui rattachent, qui nourrissent, qui échangent, font une place aux choses qui n’en ont plus. Le lieu est un quai, une voie, le déplacement de l’ombre. Il s’agit d’un paysage d’échange, au sens le plus réel. L’art, comme le sous-sol, ont cessé d’être des valeurs marchandes. A l’ombre bruissante des piliers, les visiteurs échangent le rêve et la réalité. L’objet passe de main en main. Il s’appelle « Modulo Delda ». La « mangrove » en dispose d’un grand nombre. Ils lui permettent d’aller ailleurs et de pousser de nouveaux territoires.

… et atteint au bout de sa branche l’extrémité de la galaxie.
L’exposition a lieu en ce moment, dans une banlieue occidentale. Demain, Ferdinand Makouvia monte dans un avion qui l’emmène sur les berges du grand fleuve. C’est en Afrique, en un point équatorial encore inconnu, non localisable. Il emporte dans ses bagages cinq « Modulo », des plans, des morceaux de ficelle. Rouges. De part et d’autre de la zone d’atterrissage, d’autres mangroves grandissent ou se rétrécissent. Leur respiration reste un mystère. La mangrove est avant. Elle tient dans une main et atteint au bout de sa branche l’extrémité de la galaxie.

« Mais le monde est une mangrovité », Exposition collective du 10 janvier au 26 février 2021. Avec : Minia Biabiany, Julia Gault, Ferdinand Kokou Makouvia, Ludovic Nino et Kelly Sinnapah Mary.
Galerie Jeune Création, 43, rue de la Commune de Paris, 93230 Romainville.

Roger Calmé (ZO mag’)
Photo : DR et ©Sébastien Leban
https://www.facebook.com/jeunecreati0n/?ref=br_rs
Contact : Kokou Ferdinand Makouvia
https://www.facebook.com/makfredo

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