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Namibie / Elia Shiwoohamba / LE SILLON SE REMPLIT D’ENCRE

Les linogravures de Elia Shiwoohamba évoquent la Namibie éternelle. C’est une réconciliation à la terre première, un objet de bonté et d’empathie. Voyage nécessaire.

Parce qu’elle est formidablement expressive, on pourrait penser que la linogravure tient dans l’art africain une place importante. Et ce n’est pas un hasard si les années 20 en Europe en font un très large usage. Expressionnisme et art déco, paysages finlandais ! Pourtant, peu de créateurs africains y recourent. Mais quelles exceptions ! On pense aux corps célestes de Frank Lubangi (Angola) , ou encore au travail de John Muafangejo (Namibie). Et c’est justement avec ce dernier que Elia Shiwoohamba entretient une parenté permanente. Même regard, même empathie à la brousse nourricière, au champ, à l’homme qui creuse. D’ailleurs, la lino se fait de la même façon, en poussant la gouge, comme on met la bêche dans le sol. Pour que l’encre l’ensemence.

Elia Shiwoohamba développe ensuite dans son répertoire un principe essentiel d’amour. L’une de ces gravures, présentée ce printemps, s’appelle « 𝘕𝘰𝘶𝘴 𝘯𝘰𝘶𝘴 𝘴𝘰𝘶𝘷𝘦𝘯𝘰𝘯𝘴 𝘥𝘦 𝘤𝘦 𝘫𝘰𝘶𝘳 ». Elle contient pour beaucoup l’esprit du travail. On y voit une colline et un troupeau de vaches au sommet. « 𝘊’𝘦𝘴𝘵 𝘶𝘯 𝘴𝘪𝘨𝘯𝘦 𝘥𝘦 𝘱𝘳𝘰𝘴𝘱𝘦́𝘳𝘪𝘵𝘦́, 𝘦𝘹𝘱𝘭𝘪𝘲𝘶𝘦-𝘵-𝘪𝘭, 𝘦𝘵 𝘦𝘯 𝘥𝘦𝘴𝘴𝘰𝘶𝘴 𝘭𝘦𝘴 𝘮𝘶𝘴𝘪𝘤𝘪𝘦𝘯𝘴 𝘧𝘰𝘯𝘵 𝘭𝘢 𝘮𝘶𝘴𝘪𝘲𝘶𝘦… 𝘑𝘦 𝘱𝘦𝘯𝘴𝘦 𝘲𝘶𝘦 𝘭’𝘢𝘳𝘵 𝘦𝘴𝘵 𝘶𝘯 𝘴𝘦𝘯𝘵𝘪𝘮𝘦𝘯𝘵 𝘥𝘦 𝘣𝘰𝘯𝘵𝘦́. 𝘋𝘢𝘯𝘴 𝘤𝘦𝘵 𝘦𝘴𝘱𝘳𝘪𝘵, 𝘭𝘦 𝘱𝘢𝘳𝘵𝘢𝘨𝘦 𝘦𝘴𝘵 𝘪𝘮𝘱𝘰𝘳𝘵𝘢𝘯𝘵. » En 2009 et 2011, il participait ainsi à plusieurs ateliers en Allemagne et en Finlande. Il y a quatre ans, il a également rejoint le collectif  » Ileni Pamwe Project « , fondée par David Amukoto. « 𝘔𝘦𝘵𝘵𝘳𝘦 𝘦𝘯 𝘭𝘪𝘦𝘯 𝘭𝘦𝘴 𝘢𝘳𝘵𝘪𝘴𝘵𝘦𝘴, 𝘵𝘪𝘴𝘴𝘦𝘳 𝘥𝘦 𝘭’𝘢𝘮𝘪𝘵𝘪𝘦́, 𝘤’𝘦𝘴𝘵 𝘪𝘮𝘱𝘰𝘳𝘵𝘢𝘯𝘵, 𝘦𝘵 𝘭𝘦𝘴 𝘢𝘪𝘥𝘦𝘳 𝘢̀ 𝘷𝘪𝘷𝘳𝘦 𝘥𝘦 𝘭𝘦𝘶𝘳 𝘢𝘳𝘵. 𝘘𝘶𝘦 𝘥𝘦𝘴 𝘦𝘹𝘱𝘰𝘴𝘪𝘵𝘪𝘰𝘯𝘴 𝘦𝘹𝘪𝘴𝘵𝘦𝘯𝘵 𝘦𝘵 𝘮𝘰𝘯𝘵𝘳𝘦𝘯𝘵 𝘤𝘦 𝘵𝘢𝘭𝘦𝘯𝘵 », dit-il.

La galerie StArt de Windhoek travaille régulièrement avec Elia Shiwoohamba. C’est un lieu qui n’a pas pour habitude de mettre sur ses murs des peintures touristiques. Au contraire, tout est force, racine et fondements dans ces tableaux qui invitent parfois de grands animaux, mais aussi la tristesse de l’alignement. Une route vide, sans vache, sans musicien. L’image du ghetto.

RC (ABA mag)
Photos : DR et © Elia Shiwoohamba
La Galerie StArt de Windhoek présente le travail d’Elia Shiwoohamba.
https://www.startartgallery.com/elia-shiwoohamba

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