Antilles / David Ladjah Bolo L’HOMME ATTENDAIT AU COIN DE LA RUE

Des années qu’ils se croisent. Encore gamin, David Ladjah l’apercevait sur un banc assis, à l’angle d’une rue qui regardait sa montre. Un type ordinaire, qui rien ne distinguait des autres passants. Mais c’était bien lui, dans cette même position, silhouette évidente et répétée. L’homme au chapeau. « 𝘑𝘦 𝘱𝘦𝘯𝘴𝘦 𝘲𝘶’𝘪𝘭 𝘦𝘴𝘵 𝘭𝘢̀ 𝘥𝘦𝘱𝘶𝘪𝘴 𝘵𝘰𝘶𝘫𝘰𝘶𝘳𝘴. 𝘈𝘶 𝘥𝘦́𝘱𝘢𝘳𝘵, 𝘫𝘦 𝘭𝘦 𝘷𝘰𝘺𝘢𝘪𝘴 𝘶𝘯 𝘱𝘦𝘶 𝘤𝘰𝘮𝘮𝘦 𝘶𝘯 𝘱𝘦̀𝘳𝘦, 𝘶𝘯 𝘩𝘰𝘮𝘮𝘦 𝘷𝘦𝘯𝘶 𝘥𝘦 𝘵𝘳𝘦̀𝘴 𝘭𝘰𝘪𝘯. 𝘑𝘦 𝘭’𝘢𝘵𝘵𝘦𝘯𝘥𝘢𝘪𝘴. 𝘔𝘢𝘪𝘴 𝘪𝘭 𝘴’𝘦́𝘤𝘩𝘢𝘱𝘱𝘢𝘪𝘵. 𝘔𝘢𝘭𝘨𝘳𝘦́ 𝘵𝘰𝘶𝘴 𝘮𝘦𝘴 𝘦𝘧𝘧𝘰𝘳𝘵𝘴. » Plus tard, la toile pouvait l’arrêter quelques instants. Bien modestement, d’en garder la trace, comme le papier photographique que Ladjah utilise aussi. Photographe et peintre, directeur adjoint dans un hôtel de province, où les clients parfois lui rappellent cet homme indécis, dont les traits jamais ne se fixent.

« 𝘑𝘦 𝘱𝘦𝘯𝘴𝘦 𝘲𝘶’𝘪𝘭 𝘦𝘴𝘵 𝘭𝘢̀ 𝘥𝘦𝘱𝘶𝘪𝘴 𝘵𝘰𝘶𝘫𝘰𝘶𝘳𝘴. 𝘈𝘶 𝘥𝘦́𝘱𝘢𝘳𝘵, 𝘫𝘦 𝘭𝘦 𝘷𝘰𝘺𝘢𝘪𝘴 𝘶𝘯 𝘱𝘦𝘶 𝘤𝘰𝘮𝘮𝘦 𝘶𝘯 𝘱𝘦̀𝘳𝘦, 𝘶𝘯 𝘩𝘰𝘮𝘮𝘦 𝘷𝘦𝘯𝘶 𝘥𝘦 𝘵𝘳𝘦̀𝘴 𝘭𝘰𝘪𝘯. 𝘑𝘦 𝘭’𝘢𝘵𝘵𝘦𝘯𝘥𝘢𝘪𝘴. 𝘔𝘢𝘪𝘴 𝘪𝘭 𝘴’𝘦́𝘤𝘩𝘢𝘱𝘱𝘢𝘪𝘵. 𝘔𝘢𝘭𝘨𝘳𝘦́ 𝘵𝘰𝘶𝘴 𝘮𝘦𝘴 𝘦𝘧𝘧𝘰𝘳𝘵𝘴. » David Ladjah Bolo

Dans beaucoup de ses toiles, Ladjah le figure donc de cette manière. L’homme au chapeau fait face. Son couvre-chef se résume à trois traits. Quant à son visage, nous dirons que c’est une sorte de perturbation de couleur et d’électricité. Des filets rouges et bleus couvrent un fond premier, lequel est posé comme un suaire sur le visage initial. L’anonymat est parfaitement préservé. Rien à quoi se raccrocher ? La permanence de l’image. Ladjah sait qu’il va réapparaître plus loin, à un autre moment de l’histoire.

A 47 ans, dans une existence qui refuse la tricherie et une oeuvre nourrie de la même façon, le peintre indique sur ces toiles des rendez-vous de la vie, des souvenirs de rencontres, dans des lieux tout aussi anonymes, où les signes parfois tiennent du subliminal. « 𝘊𝘦𝘵𝘵𝘦 𝘱𝘪𝘦𝘳𝘳𝘦 𝘱𝘢𝘳 𝘦𝘹𝘦𝘮𝘱𝘭𝘦, 𝘮𝘦 𝘳𝘢𝘱𝘱𝘦𝘭𝘭𝘦 𝘭𝘦 𝘷𝘪𝘴𝘢𝘨𝘦 𝘥𝘦 𝘭’𝘏𝘰𝘮𝘮𝘦 𝘢𝘶 𝘤𝘩𝘢𝘱𝘦𝘢𝘶. 𝘌𝘭𝘭𝘦 𝘮𝘦 𝘱𝘢𝘳𝘭𝘦 𝘥𝘦 𝘭𝘢 𝘮𝘦̂𝘮𝘦 𝘧𝘢𝘤̧𝘰𝘯. », dit-il en montrant un calcaire creusé comme une gargouille, dans un cri muet et muré.

RC (ABA mag’)
Photos : DR et ©D.L Bolo
Actuellement galerie Maron’Ages, 11 bis, rue du Doyenné, 69005 Lyon.
https://www.facebook.com/Page-Galerie-MaronAges-110487750852080/
Tél.: + 33 6 43 78 22 16

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