Photographie / Renell Medrano / PROGRAMME COULEURS , 40 DEGRES.

Si le critique et écrivain américain Antwaun Sargent l’a retenue parmi les photographes majeures du moment, il faut y prêter attention. Femmes réelles, femmes noires, Amérique littérale et non littéraire, Caraïbes qui collent à la réalité. « Renell Medrano appartient à une nouvelle avant-garde de photographes noirs qui œuvrent à l’international, dans toute la diaspora africaine, et qui se servent de leurs appareils pour dresser, de la vie des Noirs, un portrait contemporain qui recadre les paradigmes de la représentation ».

Née dans le Bronx, d’origine dominicaine, Renell travaille ses sujets de mode à la façon d’un photo-reportage (légèrement) décalé. Fiction et réalité ne se dissocient jamais vraiment. A voir l’admirable portrait de cette gamine, dans une laverie italienne (Sienna) ! Incisive, sans aucun cynisme, pleine de tendresse et de fierté, pour ces gens qui habitent au coin de sa rue.

Réalisée fin 2019, la série de photographies consacrée à son île avait fait l’objet en février dernier d’une première expo personnelle à Londres. Une véritable lettre d’amour à sa terre natale, où elle a passé ses mois d’enfance et qui resurgit là de façon dynamique et rayonnante. Un hommage.

« Je prenais déjà des photos quand j’avais 14 ans. Je me souviens juste d’avoir photographié ma famille et mes amis, et tout ce qui m’entourait. Mon professeur au lycée remarquait que j’emportais toujours une caméra avec moi. Il voulait que je postule à Parsons (*) (…).Au fond, c‘était tout ce que je voulais faire. Photographier les miens», explique-t-elle dans une récente interview au site Dazed. D’emblée une photographie qui relate la proximité, celle du quartier, de la maison, avec l’outrance parfois, une pointe de fiction, pour souligner la profonde réalité.

Une photographie qui relate la proximité, celle du quartier, de la maison, avec l’outrance parfois, une pointe de fiction, pour souligner la profonde réalité.

L’expo s’appelle « Pampara », ce qui signifie dans l’expression du moment : « allumé ». La vie à Saint Domingue est de cette couleur. A l’image de ce jeune moustachu, sous la perruque peroxydée, enceint de huit mois, de ces filles en goguette, totale fifties, qui filent sur les banquettes de la Cadillac. La folie, la nuit, les maisons de planches bleues, une mère en quête de protection divine, une gamine dans une laverie nocturne qui attend la fin du programme !

Roger Calmé (ZO mag’)
Photos : © Renell Medrano
(*) École de design new-yorkaise

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