Éthiopie / Norvège / Wendimagegn Belete / L’OCÉAN NE RECOUVRE PAS TOUTES LES TERRES

Dans une ancienne usine consacrée à la conservation des crevettes, une galeriste norvégienne croise un plasticien éthiopien. Le village de Nevlunghavn où a lieu la rencontre , se situe non loin de Molen, connu pour son grand nombre de cairns funéraires datant de l’époque de bronze. La propriétaire de la galerie s’appelle Kristin Hjellegjerde. Le plasticien est originaire d’Addis A. où il a grandi, avant de poursuivre des études d’art à Tromso. Il se nomme Wendimagegn Belete.

Dans cet espace industriel reconverti, l’artiste présente des travaux récents, la plupart réalisés en 2020, et qui traitent une fois encore de l’histoire. On pourrait parler de collages temporels qui font et défont l’histoire de son pays. Par exemple, la tentative d’invasion italienne, les rois mythiques qui se sont succédés sur son trône et des souvenirs personnels, des images d’enfances, des messages subliminaux et radiophoniques. Il en est ainsi de chacun de nous. Dans une petite chambre, passent d’immenses événements et des musiques légères, des visages que nous ne reverrons jamais et des rois à jamais disparus.

Une peinture en masque une seconde et se fond à un fragment de journal dont la date est à demi effacée, évoque la mort d’un lion. Abyssinie.

Des époques forcément lointaines et contigües à la fois qui font la complexité d’un être, d’un déplacement et de la terre qui voit passer tout ça.

On l’aura compris, Belete recontextualise (quel mot!) le récit sous un éclairage intuitif, dans une superposition des couches. Une peinture en masque une seconde et se fond à un fragment de journal dont la date est à demi effacée, mais qui évoque la mort d’un lion. Dans ce lieu voué aux petits crustacés, se mélangent beaucoup de choses. Un soldat italien dans les années 40 rend visite au roi d’Abyssinie, des femmes pleurent la disparition d’un marin viking, un couple de touristes veut manger à la terrasse en regardant les ferries s’en aller vers le pôle. Des époques forcément lointaines et contigües à la fois qui font la complexité d’un être, d’un déplacement et de la terre qui voit passer tout ça.

RC (ZO Mag’)
Photos DR et ©Wendimagegn Belete.
Remerciements à la galerie Kristin Hjellegjerde

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