Burkina Faso / Souleymane Barry / LA FEMME SUR LE DOS DU CROCODILE

Des panneaux de bois peint qui invitent le passant à venir jeter un œil. Finalement, la peinture c’est rien que ça ! Une invitation au spectacle. Venez voir, derrière la toile, derrière le paravent… la femme allongée sur le dos du crocodile !

Souleymane Barry a commencé la peinture de cette façon. Enfin, disons que son papa lui a fait prendre des cours de calligraphie et de dessin auprès d’un peintre réalisant des panneaux publicitaires. Et Souleymane a trouvé ce boulot de vacances carrément formidable. Au début des années 1990, il en a même fait son métier, sa boîte à couleurs sur le dos, sillonnant les routes du Burkina Faso. De la même façon, en poussant plus loin la curiosité, il fréquentera le Centre Culturel Gambidi, à Ouagadougou. L’occasion de faire la connaissance de Jean-Pierre Guingané, homme de théâtre. Qui dit théâtre, dit décors… Simulacres délicieux, portes ouvertes à toutes les fantaisies, dialogues imaginaires.

Une représentation en plusieurs actes du sentiment. L’amour, l’attente, l’extrême gourmandise, la chair offerte et la passion avariée.

La part de l’imaginaire. Elle prend toute la place dans le lit et dans le dit. Souleymane s’intéresse aux dérèglements de l’humain. D’où le traitement souvent surréaliste que ses personnages subissent. Hommes sans main, parties d’échecs fantomatiques sur des guéridons pourvus de jambes. Parfois, le bec de l’oiseau verse la liqueur… En somme, cette formidable machine à images enchaîne les travellings oniriques. Fantaisies nocturnes et diurnes, visages à mi-chemin, visages parfois privés de tête mais qui ont des pieds de chèvre. Comme il le dit lui-même, « je peins sans trop savoir ce qu’il peut arriver. » C’est une boîte que l’on ouvre, et dans l’entrebâillement de la porte…

Cette série, que présente la galerie Anne de Villepoix, « Visage Anonyme » est, selon le catalogue, une représentation en plusieurs actes du sentiment. L’amour, l’attente, l’extrême gourmandise, la chair offerte et la passion avariée. L’imaginaire est un catalogue perpétuellement ré-ouvert. On y vend des femmes, des hommes et des montres à ressorts. Entrez, messieurs-dames, venez voir la femme allongée sur le dos du crocodile !

RC (ZO mag’)
Photos : © Souleymane Barry et en remerciements à Anne de Villepoix.

Exposition « L’imaginaire », du 10 sept. au 31 oct. 2020.
Galerie Anne de Villepoix, 18 rue du Moulin Joly, 75011 Paris.
Tél. : +33 (1) 42 78 32 24

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :