Kenya / Michael Armitage / IMAGES RAMENEES DU PAYS

Comment les choses se mêlent les unes aux autres ? De quoi naissent-elles, quelles formes extravagantes, elle revêtent ? La peinture de Michael Armitage prend parfois des apparences carnavalesques. Parodie, extrémisme des mises en scène. Mais en même temps, elle aborde les évènements les plus sérieux qui soient. Finalement, quel que soit le sujet, nos agissements relèvent de la pure comédie.

Il y a deux ans, quand il rencontre Ralph Rugoff, organisateur de la Biennale de Venise, le peintre s’interroge sur les rapports de force entre un leader politique et la foule venue l’acclamer. De son propre aveu « les choses qui se passent en Angleterre ne m’intéressent pas. J’ai beau vivre ici depuis vingt ans, je ne me passionne pas pour cette actualité, au contraire du Kenya. »

Dans cette sensibilité originelle, il a ainsi réalisé d’importantes pièces sur des écorces, « une chose qui ne me serait pas venue à l’esprit, à Nairobi. », dit-il. De la même façon, il s’est attaché à réfléchir sur le pouvoir politique suite à un meeting de l’opposition, également au Kenya. La narration qu’il en faisait pour Contemporary And (*) est carrément épique.

Scènes de violence urbaine, contestation parodique, répression et compromission: Armitage peint le débordement sociétal. Et son Afrique est dans le collimateur.

« Environ 20 000 supporters de l’opposition étaient déguisés en clowns avec des perruques orange, de grandes lunettes et des nez rouges. »

Sur leurs banderoles, les slogans disaient : « Vous ne pouvez pas tous nous tuer ». Armitage évoque également une représentation de La Cène (Leonard de Vinci), avec le leader de l’opposition flottant au-dessus de la tête de Jésus.

« Baboons », dit le peintre !
La peinture d’Armitage est à l’image de ce tableau. Une grande partie de son inspiration vient d’Afrique de l’est. C’est là qu’il se promène, et à Londres qu’il travaille. Les connotations européennes participent juste à souligner le trait. Anecdotique ? Sans doute pas.

Le tableau #Mydressmychoice , réalisé en 2015, évoquait le fait que des hommes pouvaient violenter une femme, jugée coupable de porter une robe trop courte (sic). Sur cette toile, inspirée de Velasquez, une femme très belle, présentée allongée, était observée par des juges dont on ne voyait que les chaussures. Bestialité prétendue civilisée (et universelle), voyeurisme, hypocrisie du jugement ? Bien sûr, et le traitement classique renforçait encore l’iniquité de cette parodie. « Baboons » dit le peintre !

Armitage sera exposé à Munich, jusqu’en févier prochain. Faut-il rappeler que ses peintures n’ont jamais été présentées dans son pays d’origine ?

https://www.contemporaryand.com/fr/magazines/michael-armitage-painting-from-afar/

roger calmé (Zo mag’)
Photos DR
Haus der Kunst, Munich, du 4 sept. 2020 au 14 fév. 2021

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