Bob-nosa Uwagboe / Des hommes disparaissent dans la mer

C’est une perpétuelle répétition du drame et de l’indifférence. En 2015, au large de la Libye, une embarcation chavire. A son bord, au moins 800 personnes trouvent la mort. Des femmes, des hommes, des enfants, venus d’Afrique. Du bétail humain. Deux ans plus tard, même scénario au large de la Sicile. Cinq cents morts, des cadavres qui viennent échouer sur le rivage de Lampedusa. Rien ne change.

« J’ai appris ces évènements au Nigeria. Les médias parlaient de marchés aux esclaves en Libye, des êtres humains qui étaient vendus. Tu imagines ce que tu peux ressentir à cette image, dans ton cœur africain, « des marchés d’esclaves en Libye ». Ma responsabilité d’artiste était de condamner. C’était vraiment le minimum de ce que je pouvais faire. Nous sommes des milliers de migrant s à essayer de quitter le continent africain, dans l’espoir d’une meilleure vie. Il y a une obligation à se lever et le dire ensemble. »

« Les médias parlaient de marchés aux esclaves en Libye, des êtres humains qui étaient vendus. Tu imagines ce que tu peux ressentir à cette image, dans ton cœur africain, « des marchés d’esclaves en Libye ».

Bob-nosa Uwagboe a commencé à peindre sa série “The Human Merchandise in Libya” cette même année 2017. Depuis il a produit quelques 80 œuvres, des dessins et des acryliques qui évoquent le drame. « Je continuerai tant que les choses dureront. » Actuellement présenté à Gdansk (Pologne), son exposition « Transit » met à l’eau les mêmes chaloupes, les mêmes regards, la même horreur.

2/ Les murs n’existent pas
Peinture simultanée. Dans un même lieu, sur une même feuille, issus de deux mondes qui dansent le même souffle. Bob-nosa Uwagboe est venu du Nigeria et Malgorzata Karczmarzyk lui ouvre son atelier à Gdansk (Pologne). Pendant deux mois (juin et juillet), ces deux plasticiens s’interrogent. Et la société une fois encore est au centre de leur conversation.

Dans le catalogue Transit, publié à cette occasion, la peintre polonaise resitue la réflexion. En tant que citoyen ordinaire et qu’artiste, Bob-nosa aime le Nigeria. Mais c’est un pays totalement ambigu. « L’un des plus pauvres, où la violence est un élément du quotidien. Où il y a la guerre, où les individus sont à l’image de ça. Quelle est la place que l’artiste peut tenir là-dedans ? » De son côté, Malgorzata explore les mêmes pistes, mais cette fois au-travers d’une émotion slave assez singulière elle-aussi. Tout est sentiment dans sa peinture liquide, l’eau qui ruisselle, la mélancolie absolue. Deux peinture nourries d’urgences différentes, de couleurs contraires, mais d’une sensibilité que rien ne sépare.

« Où il y a la guerre, où les individus sont à l’image de ça. Quelle est la place que l’artiste peut tenir là-dedans ? »

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